Valorisation des céréales (mil, sorgho, fonio) sur les marchés urbains

Expertise de terrain
Langue(s) : Français
Filières : Autres céréales
Pays : Niger

Dans le cadre d'un projet porté Afrique Verte Niger (AcSSA) ayant bénéficié du soutien de SEED Foundation au Niger.

Photo : Groupement de transformatrices © AcSSA

Le Niger est régulièrement victime de crises alimentaires dramatiques alors que l’économie du pays repose sur l'agriculture . Les crises de surproduction n’atténuent pas les effets des crises de sous-production car les moyens de stockage, de conservation et de transformation manquent. Connecter l’offre alimentaire issue de l’agriculture familiale à la demande urbaine en appuyant le secteur de la transformation représente donc un véritable enjeu pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté.

AcSSA soutient des groupements de transformatrices dans les zones urbaines et périurbaines de Niamey, Zinder et Say-Kollo afin d’améliorer les processus de transformation des céréales locales et leur commercialisation.

La transformation et la qualité crée de la valeur ajoutée

Les transformatrices sont formées à de nouvelles techniques de conservation, de transformation, mais aussi à la gestion d’entreprise. Elles ont acquis des emballages aux normes qui conservent mieux les produits et les ont dotés d’étiquettes portant leur logo, pour informer les consommateurs et améliorer l'aspect visuel des sachets. Une démarche de certification garantit la qualité des céréales transformées : le laboratoire de technologie alimentaire de l’Institut national de recherche agricole du Niger (INRAN) évalue régulièrement la situation générale de l’hygiène dans les unités, formule des recommandations pour chacune, et en suit l’application.

Des équipements fabriqués localement

Les transformatrices ont également acheté un rouleur qui donne des produits finis de meilleure qualité et réduit la pénibilité de leur travail. Les équipements de ce type ne se fabriquent pas au Niger, et les équipements importés sont chers à acheter et à entretenir. L’alternative a consisté à faire appel à l’École des mines, de l’industrie et de la géologie (EMIG).

Des acquis visibles sur les marchés urbains

Aujourd’hui, les transformatrices produisent toute sorte de produits facilement consommables à des prix compétitifs : couscous, semoules, brisures, farines, riz soufflé, vermicelle, pâte de mil séché et biscuits (à base de mil et de sorgho). Ces produits sont vendus dans environ 100 points de vente régulièrement approvisionnés dont des épiceries, des supermarchés et des marchés.

Lors des foires et des bourses commerciales auxquelles elles ont participé en 2013, les unités de transformation ont réalisé un chiffre d’affaires d’1,5 million de FCFA (soit près de 2 300 euros) pour une tonne de produits vendus.

En deux ans, elles ont vendu presque 70 tonnes de produits dérivés de céréales locales, soit plus de 115 000 rations journalières de céréales (les céréales, base de l’alimentation au Niger, fournissent 76 % des apports énergétiques).