Rapport de capitalisation sur les partenariats entre OP et entreprises en Afrique

Étude/Synthèse/Article
Langue(s) : Français Anglais
Thématiques : Alternatives de commercialisation

Ce rapport a été rédigé en 2021 par Inter-réseaux Développement Rural et le Fida. Il rapporte un travail de capitalisation sur les partenariats entre organisations de producteurs et entreprises au Bénin, Burkina Faso, Kenya et Sénégal.

Quels avantages aux modèles de partenariats OP-entreprises ? 

Les partenariats entre les organisations de producteurs (OP) et les entreprises sont de plus en plus favorisés aujourd’hui dans les pays africains. Les avantages semblent multiples pour les OP (accéder à un marché plus stable et rémunérateur, développer leurs compétences et leurs crédibilités, etc…) et les entreprises (avoir accès à des produits traçable et de qualité, réaliser des achats groupés et des économies d’échelle, etc…). Ces partenariats peuvent se présenter sous des modèles divers : contrat d’achat ou de fourniture d’intrants, systèmes d’agriculture contractuelle ou sociétés à capital partagé. Ces partenariats semblent être de bonnes voies pour intégrer durablement et équitablement les plus petits producteurs au marché.

Les enseignements tirés de la capitalisation d’expérience

4 expériences de partenariats au Kenya, Sénégal, Bénin et Burkina Faso ont fait ressortir plusieurs points essentiels. Premièrement, les entreprises ont fourni des services aux OP (intrants, préfinancement des campagnes agricoles ou avances aux producteurs,...) permettant de les fidéliser sur le long terme mais aussi d’améliorer leurs capacités de production et la qualité de leurs produits. Deuxièmement, la mise en place d’appui-conseil agricole par les entreprises et à destination des producteurs a permis à ces derniers de respecter leurs engagements contractuels. Troisièmement, il semble primordial de mettre en place des mesures de politiques publiques (mesures fiscales et douanières, quotas d’approvisionnement local, sensibilisation de la population au « consommer local », soutien aux certifications de qualité, etc…) afin de promouvoir les filières et l’approvisionnement local. Quatrièmement, les entreprises doivent tenir compte de l’évolution des coûts de productions, en incluant le travail supplémentaire lié par exemple aux exigences de qualité, afin d’offrir un prix d’achat rémunérateur aux OP.

Comment envisager des partenariats vraiment « gagnants-gagnants » entre les OP et les entreprises ?

Afin d’établir des partenariats qui profitent aussi bien aux OP qu’aux entreprises différents points sont primordiaux à respecter :

  • respecter ses engagement du côté OP (volume, qualité, délai de livraison,...) comme du côté entreprise (délai de paiements ou de fourniture d’intrants, volume et prix d’achat) ;
  • s’entendre sur la définition d’un cahier des charges visant à améliorer la qualité de la production ;
  • sortir de la dépendance aux partenaires techniques et financiers (PTF) extérieurs ;
  • sortir de la dépendance des OP à l’acheteur afin que l’OP retrouve son pouvoir de négociation. Cela peut être possible en passant d’un modèle de contractualisation fermée à ouvert (plusieurs acheteurs dans la production) ou bien en diversifiant sa production ;
  • tendre vers des modèles agricoles respectueux de l’environnement et assurer la sécurité alimentaire pour les pays concernés.

Afin d’assurer leurs pérennités, les partenariats entre OP et entreprises doivent montrer des impacts positifs sur les producteurs et leur communauté. Pour cela, il convient de valoriser des PME à caractère sociale et solidaire œuvrant pour un réel développement de l’économie locale mais aussi de privilégier des OP ayant déjà une expérience d’organisation collective. Diffuser ce rapport auprès des OP est la première marche à suivre pour les encourager à créer des partenariats viables et durable avec des entreprises.

Voir le rapport en français (60 pages)

Voir le rapport en anglais (60 pages)