Paul Kaba Thiéba : "Cet arrêté vise à promouvoir les produits burkinabés"

Étude/Synthèse/Article
Langue(s) : Français
Thématiques : Politiques agricoles

En 2017, le Burkina Faso a promulgué un arrêté en faveur de la consommation de produits locaux. Son objectif : protéger des filières agricoles en difficulté. Entretien avec Paul Kaba Thiéba, Premier ministre du Burkina Faso.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de prendre un arrêté en faveur de la consommation de produits locaux par les structures publiques?

Je voudrais tout d’abord vous remercier de l’occasion que vous m’offrez de parler des actions entreprises par mon gouvernement, pour encourager la consommation de nos produits locaux. Je dois d’abord préciser qu’il s’agit de l’arrêté N° 2017-002/PM/CAB du 31 janvier 2017 portant achat des produits alimentaires locaux par les structures étatiques dans le cadre de leur approvisionnement. Face aux problèmes récurrents d’écoulement des produits locaux, à la dégradation des revenus des populations, constituées de plus de 80 % d’acteurs ruraux dont l’essentiel des revenus provient des produits agrosylvopastoraux et artisanaux, face aux multiples interpellations des acteurs et aux pertes d’emplois, j’ai décidé de prendre des mesures fortes à titre conservatoire et temporaire en vue d’une relance de la commercialisation et de la consommation des produits locaux essentiellement alimentaires.

L’arrêté s’inscrit-il dans les objectifs de la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNSAN), pilotée par le Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA) que vous présidez?

Cet arrêté vise à promouvoir la consommation des produits burkinabè. Cela induit naturellement une augmentation de l’offre de produits en quantité et en qualité, une amélioration de la compétitivité de ces produits face aux produits similaires importés et une source conséquente de revenus pour les producteurs. Au vu des résultats escomptés, ladite mesure s’inscrit parfaitement dans la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNSAN).

Comment les produits concernés ont-ils été choisis? Pourquoi ne trouve-t-on pas des productions comme le mil, le sorgho et le maïs qui sont très importantes au Burkina?

En rappel, les produits retenus sont le riz, le sucre, l’huile alimentaire, le niébé, l’oignon, la pomme de terre, le haricot vert, la tomate, la viande et le lait. Ces produits ont été identifiés à la suite de plusieurs concertations entre les services techniques des ministères concernés. Il existait pour lesdits produits une réelle menace pour leur survie au regard des difficultés rencontrées. En effet les problèmes majeurs relevés au cours des échanges qui sont communs à ces produits étaient la difficulté d’accès aux marchés et d’écoulement des produits, les problèmes de stockage et de conservation, le risque élevé de perte d’emplois au niveau des unités de transformation de certains produits et la faible compétitivité due essentiellement aux coûts de production.

[...] Voir l'interview complète du Premier ministre burkinabé et la réaction de la Confédération paysanne du Faso

Cet article est extrait de la publication Les batailles du consommer local en Afrique de l'Ouest