Droit à l'eau et industries extractives : la responsabilité des multinationales

Étude/Synthèse/Article
Langue(s) : Français
Thématiques : Biodiversité

Ce rapport, publié par France Libertés et l’Observatoire des multinationales est l’aboutissement d’un travail d’enquête et de reportage sur les industries extractives et l’eau. Il interroge la responsabilité des principaux acteurs du développement actuel de l’extractivisme : les multinationales.

Pourquoi l'eau ? 

L'eau est une ressource qu'utilisent énormément les industries extractives. La question de l'eau est donc souvent au centre des conflits créés par les projets miniers, pétroliers ou gaziers. L'eau est indispensable à la vie que cela soit pour la boisson comme pour l'agriculture ou la pêche qui fournissent la nourriture.

Des impacts multiples

Surexploitation des rivières ou des nappes phréatiques, destruction de glaciers, forêts ou zones humides, pollutions multiformes - mais aussi problèmes liés au transfert d'eau à grande échelle, aux barrages hydroélectriques construits pour alimenter les mines, à la pollution des terres et de l'air, ou encore des effets en retour de ces activités sur les conditions climatiques locales. 

Fausses solutions

Face à ces impacts, les réponses des entreprises - notamment les démarches relevant de la "responsabilité sociale des entreprises" et les solutions technologiques comme le dessalement et le traitement des eaux usées - n'ont pas fait leurs preuves sur le long terme.

Et l'expérience montre que même lorsque des régulations existent sur le papier pour préserver les ressources naturelles, les règles sont peu respectées du fait d'un rapport de force très favorable aux multinationales.

Le droit à l'eau, un droit politique

Malgré son caractère récent et la faiblesse actuelle des mécanismes de mise en œuvre, la notion de "droit humain à l'eau", consacrée par les Nations unies en 2010, peut jouer un rôle pour que les communautés puissent limiter les impacts d'un projet extractif, voire empêcher qu'il voit le jour. 

Fondamentalement, le droit à l'eau doit être conçu comme un droit politique, c'est-à-dire qu'il devrait impliquer le respect de l'autonomie des populations concernées, ainsi que leur droit à décider de leur avenir.