Retour sur la soirée projection/débat sur l'accaparement des terres en Colombie et en IDF

Ci-contre, photo de la projection/débat du 25 octobre 2018, au café associatif La commune d'Aligre.

Jeudi 25 octobre. Les bénévoles du Café associatif La commune d'Aligre s'activent. Il est 18:30, le public va bientôt arriver. Il y a un mois, une résidente du quartier situé dans le 12°à Paris, avait contacté le collège de bénévoles pour organiser une projection-débat dans le cadre du festival ALIMENTERRE. Cette proposition a généré de l'enthousiasme : "Cela faisait des années que nous n'avions pas organisé de festival, l'occasion de renouer avec nos bonnes habitudes". 

A 19h15, la salle est pleine à craquer. Bertrand, bénévole du café et responsable de la technique donne le mot de bienvenue. Le film Frontera Invisible de Nico Muzi et Nicolas Richat est lancé. Il aborde le développement de la culture de palmiers à huile en Colombie pour répondre à la demande croissante européenne, notamment d'agrocarburants. Ses conséquences au niveau local sont pointées du doigt : accaparement des terres et de l'eau, changement climatique, déclin de la biodiversité, pertes des moyens de subsistance et mise en péril de la sécurité alimentaire.  

"Le titre de ce film est très bien choisi. Le développement du palmier à huile contribue à générer des divisions entre les populations, et cela est très dangereux dans un contexte de conflit armé. Le gouvernement impose une vision du progrès qui ne correspond pas à ce que souhaite les populations locales" explique Beatriz Barrios, sociologue colombienne, qui intervient à l'issue du film. "C'est comme si les territoires étaient considérés comme vides, seulement bons à être exploités" ajoute-t-elle. 

Anny Poursinoff de l'association Terres de liens, ancienne députée et conseillère régionale, apporte un regard sur la situation en Ile de France et partage l'expérience de son association pour donner plus de chance aux agriculteurs de s'installer et de développer une agriculture biologique. Le public s'interroge sur les manières d'agir concrètement : rendre plus visible les droits des paysans, soutenir une agriculture destinée à l'alimentation des populations locales, résister localement à travers une action collective, ne pas utiliser d'agrocarburants et boycotter l'huile de palme, prendre conscience des interdépendances entre les pays dans un contexte mondialisé. Ce sont autant de pistes à explorer pour contribuer à changer les choses. 

La soirée se termine autour d'un repas. Au menu, une soupe colombienne préparée pour l'occasion. La soirée est une réussite: les 60 personnes présentes sont reparties avec des idées plein la tête.