Une édition record aux impacts durables pour l’édition 2025
En 2025 a eu lieu la 19ème édition du Festival ALIMENTERRE dans un élan sans précédent : près de 118 000 participantes et participants, 2 800 événements organisés dans toute la France et à l'international, mobilisant 3 900 structures du réseau. Le bilan 2025 illustre une mobilisation record, portée par une diversité croissante de territoires, d'acteurs et d'institutions impliqués.
Lien vers le bilan complet de l’édition 2025
Pour aller au-delà de ces chiffres et mieux comprendre les effets durables du festival, le CFSI a mené une étude d'impact approfondie. Cette démarche s'appuie sur plusieurs ressources : questionnaire en ligne, bilans narratifs des coordinations territoriales, entretiens avec des organisateurs d’événements et veille de presse locale pour rendre compte des transformations réelles que le festival génère auprès des participant.e.s et sur les territoires. Il s'agit d'une troisième étude du genre, après celles réalisées en 2016 et 2020, et qui permet de mesurer les évolutions sur le long terme.
L’étude montre qu’au-delà de l’événement de sensibilisation annuel, le festival ALIMENTERRE est un vecteur de changements durables en faveur des systèmes alimentaires territoriaux (SAT).
Une action de sensibilisation et prise de conscience
Le festival joue un rôle fort de levier de sensibilisation. 78 % des participants déclarent que le festival les a aidés à prendre conscience de leurs impacts en matière d'alimentation et d'agriculture.
D’autre part, 59 % découvraient le festival pour la première fois, signe que la sensibilisation dépasse largement les cercles déjà connaisseurs ou convaincus. Pour autant, plus de 20% participent au moins pour la troisième fois, signe de la satisfaction et de la pertinence du festival au long des années.
En Centre-Val de Loire, des élèves lycéens ont exprimé un sentiment d'être « directement concernés » par les thématiques abordées. Au Togo, l'OADEL a organisé 55 séances réunissant plus de 5 000 participants dans 5 régions, avec des témoignages concrets de changements de pratiques agricoles. Partout, les projections « ouvrent les yeux et sèment des graines » selon les organisateurs, en suscitant une envie de changement, d'abord individuelle, puis collective.
Une mise en réseau des acteurs des territoires
Le format projection-débat crée des espaces d'interconnaissance et de dialogue entre une grande diversité d’acteurs et d’actrices. 78 % des organisateurs déclarent que le festival leur a permis de renforcer ou d'initier des partenariats avec d'autres structures de leur territoire. Ce chiffre témoigne d'une fonction de mise en réseau qui va bien au-delà de l'événement lui-même et qui permet la construction de projets locaux.
En Normandie, le Collectif « Côte de Nacre » s'est structuré autour des débats ALIMENTERRE pour lancer un projet d'approvisionnement local dans les cantines scolaires. En Bretagne, une projection-débat dans un quartier prioritaire a réuni un collectif d'entraide de l’économie sociale et solidaire (ESS) et un collectif d'agriculteurs migrants. Cette rencontre a permis d’entamer des discussions autour de futures collaborations dans le cadre de la Sécurité Sociale de l’alimentation (SSA). Dans l’Indre, le « Collectif 36 » confirme ce décloisonnement des réseaux :« Ça permet de faire rencontrer des structures qui, autrement, ne travailleraient pas ensemble. »

Programmation du festival ALIMENTERRE en Normandie
Une implication croissante des collectivités et des PAT
Le festival s'affirme progressivement comme un outil de mise à l'agenda politique de l'alimentation et de l'agriculture durables. Les organisateurs y invitent quasi systématiquement des représentants institutionnels, avec pour objectif d'interpeller les décideurs locaux.
Les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) occupent désormais une place structurante dans le réseau ALIMENTERRE et l'organisation du festival. Deux dynamiques se dégagent : le festival comme vitrine des actions du PAT auprès du grand public, et le PAT comme co-organisateur du festival, en partenariat avec des structures associatives locales. Le PAT de La Domitienne (Hérault, 34), le PAT Beauce Dunois (Eure-et-Loir, 28) ou encore le Sicoval (Toulouse Est Métropole) en sont des exemples concrets.
À La Rochelle, un groupe de réflexion au sein d'un PAT s'est emparé d'un film du festival pour lancer des échanges sur l'accès à une alimentation saine. À Bordeaux, des participants au festival ont intégré un collectif de plaidoyer interpellant les candidats aux élections municipales.
En somme, le Festival ALIMENTERRE est devenu, dans de nombreux territoires, un outil de co-construction, de mise en réseau et d'ancrage institutionnel des enjeux alimentaires. Sa force réside dans la combinaison d'un format accessible et participatif, d'un réseau engagé à toutes les échelles, du collectif citoyen à la coordination nationale, et d'une capacité à impulser des dynamiques qui dépassent largement le cadre du festival.