Les organisations de la société civile alertent sur l’exclusion des agriculteurs des discussions sur la stratégie semencière en Afrique de l’Ouest et du Centre

Du 9 au 11 février 2026, la FAO et le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) ont organisé un atelier sous-régional de réflexion stratégique sur le secteur semencier en Afrique de l’Ouest à Abidjan. En réaction à cet atelier, l’alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA), en collaboration avec des organisations de la société civile partenaires et des réseaux d'agriculteurs d'Afrique occidentale et centrale, a émis un communiqué de presse pour alerter sur l’exclusion des organisations paysannes et de la société civile lors de ces discussions stratégiques.

Dans le communiqué, l’AFSA rappelle que les systèmes semenciers paysans, bien qu’ils représentent entre 80 et 90% des semences utilisés par les agriculteurs et agricultrices africaines, restent trop peu soutenus par les politiques et la régulation. Elle alerte également sur la qualification de ces semences « d’informelles », ce qui invisibilise le fait qu’elles nourrissent la majorité de la population en Afrique, d’autant plus que ces semences sont diverses, résilientes, et adaptées aux conditions locales, contrairement aux semences uniformisées que défendent les acteurs de l’agro-industrie.

Les organisations paysannes et de la société civile qui composent l’AFSA plaident ainsi pour la reconnaissance du rôle des semences paysannes dans les systèmes agricoles, pour des règles adaptées à la nature et à la diversité des systèmes semenciers, et pour l’inclusion des acteurs et actrices concernées dans les discussions stratégiques. Comme l’a déclaré Alihou Ndiaye, coordinateur du Comité Ouest Africain des Semences Paysannes (COASP) : « Toute stratégie sur les semences qui exclut les paysans et leurs organisations est fondamentalement viciée ».

Voir le communiqué de presse de l’AFSA

CFSI, mars 2026