La qualité sanitaire des produits locaux

Expertise de terrain
Langue(s) : Français
Filières : Multifilières
Pays : Bénin Burkina Faso Côte d'Ivoire Mali Niger Sénégal Togo

Pour une régulation alimentaire territorialisée, équitable et protectrice de la santé des consommateurs

La qualité sanitaire des produits agroalimentaires transformés est un enjeu majeur pour la santé des consommateurs mais aussi pour l'avenir de l'agriculture familiale en Afrique de l'Ouest. Le forum de discussion du réseau Roppa-Pafao-Jafowa a permis de dresser collectivement un état des lieux des évolutions récentes et des orientations clefs pour que l’agriculture familiale puisse jouer pleinement son rôle dans la sécurité alimentaire, la santé publique et le développement économique des territoires. 

Des normes sanitaires qui se développent partout

Les cadres réglementaires, juridiques et institutionnels qui encadrent la qualité sanitaire des produits agroalimentaires évoluent rapidement ces dernières années. Les démarches de contrôles qualité et les dispositifs d’accompagnement des entreprises agroalimentaire poursuivent deux objectifs complémentaires : protection des consommateurs locaux et orientation vers l’exportation. 

Un besoin de régulation qui fait l'unanimité

Les contributeurs perçoivent tous les certifications de qualité alimentaire comme des points de leviers pour l’agriculture locale. Une demande croissante de produits sûrs et locaux émerge dans les grandes villes et les produits de l’agriculture familiale peuvent gagner en crédibilité, accéder à de nouveaux marchés y compris des marchés publics. Sans norme qualité, les produits locaux sont peu compétitifs face aux produits importés mieux présentés et souvent perçus comme sûrs. 

Une dangereuse déconnexion des réalités du secteur

Malheureusement, les procédures d’Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) imposent des normes strictes (traçabilité, certification sanitaire, emballage, étiquetage…) difficiles à satisfaire pour les petits ateliers de transformation artisanale. La conséquence ? Une mise à l’écart de fait de l’agriculture familiale des circuits commerciaux dits “modernes”, et un risque sanitaire réel pour les consommateurs des marchés de masse. 

Un accompagnement forcément insuffisant

Dans la plupart des cas, des mécanismes de soutien sont en place, mais ils sont souvent limités aux grandes entreprises ou à des projets pilotes spécifiques. Les entreprises rurales ou les unités de transformation artisanale, issues de l’agriculture familiale, bénéficient peu de ces appuis du fait de leur taille et rentabilité limitées. 

Les initiatives de la société civile

Bien que les certifications officielles restent aujourd’hui hors de portée pour une grande partie des PME africaines, la volonté d’assurer une production saine et de qualité pour les consommateurs est présente du côté des entreprises. Cela pousse certaines à se conformer par elles-mêmes à des pratiques de contrôle qualité. La collaboration entre les institutions en charge de la qualité des aliments et les associations / représentants de l’agriculture familiale et des PME doit pouvoir s’intensifier.

Vers une souveraineté alimentaire et sanitaire

Des concertations et plaidoyers sont à développer d’urgence par les représentants de l’agriculture familiale et des PME. Les contributeurs proposent les orientations suivantes pour s’assurer de la souveraineté alimentaire et sanitaire locale :  

  1. Adapter les certifications aux marchés intérieurs locaux / artisanaux : un socle réglementaire simplifié reste à créer, pour des questions de faisabilité mais surtout pour des questions de pertinence - garantir l’authenticité des produits, s’adapter à une chaîne de distribution courte - et de protection des consommateurs ouest-africains qui pour la plupart ne s’approvisionnent pas dans les supermarchés mais dans un contexte informel ;
  2. Augmenter les efforts d’accompagnement et de formation des agriculteurs et des entreprises dans les démarches de pratiques qualité ;
  3. Inciter les acteurs de filières à mutualiser les unités de transformation aux normes et les équipements ;
  4. Renforcer la communication de prévention sanitaire et de promotion des initiatives et produits locaux auprès des consommateurs ;
  5. Décentraliser les structures de certifications et de contrôle. 

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Références utiles :