Habitudes alimentaires et facteurs associés à la qualité du régime alimentaire des jeunes de la commune de Golfe 1 en 2025

Étude/Synthèse/Article
Langue(s) : Français
Thématiques : Faim et malnutrition, Impact des choix de consommation

La transition nutritionnelle en Afrique, marquée par la hausse de la consommation d'aliments ultra transformés, favorise la progression des maladies non transmissibles (MNT). Au Togo, la faible consommation de fruits et légumes et l’augmentation des MNT soulignent la nécessité de cibler précocement les jeunes urbains. Cette  étude du Centre Africain de Recherche en Epidémiologie et en Santé Publique (Caresp) menée dans le cadre du programme Pafao en collaboration avec le CFSI, Oadel et Santé Diabète décrit les habitudes alimentaires des jeunes de 16 à 25 ans  habitant une commune dense du centre de Lomé, ainsi que les déterminants de ces habitudes. 

Le périmètre de l’étude a été calqué sur celui du projet Pari alimentaire de l'ONG Oadel (commune Golfe 1 de Lomé, zone la plus dense de Lomé avec des revenus moyens faibles). Près de 600 jeunes ont été interrogés pour l’étude quantitative (questionnaire individuel et questionnaire ménage). Une soixantaine d’autres jeunes ont participé à l’étude qualitative. L’échantillonnage s’est fait de façon aléatoire à partir des données de recensement. Les résultats ont fait l’objet d’une triangulation entre l’analyse statistique avec des modèles de régression des données quantitatives, l’analyse des données qualitatives avec un codage thématique et une revue de littérature. En voici quelques-uns : 

Enquête anthropométrique

Les taux de surpoids, obésité sont inquiétants pour cette tranche d’âge : près de 29 % des jeunes sont concernés par le surpoids, obésité comprise.

Résultat score de qualité du régime alimentaire SQR

Ce score de qualité du régime alimentaire (SQR) est une adaptation au contexte togolais d’un outil standardisé qui permet de recueillir des données sur les aliments consommés au cours des dernières 24 heures, classés en aliments protecteurs et aliments à limiter, le Diet Quality Questionnaire (DQQ).

  • Seuls 1,2 % des jeunes ont un régime alimentaire véritablement équilibré
  • Plus de 37 % des jeunes ont une alimentation très peu équilibrée et les filles sont un peu plus touchées par la mauvaise alimentation (38,8 % contre 35,2 % pour les garçons).
  • Les corrélations statistiques ont été explorées avec une multitude de facteurs : l’âge des jeunes et le niveau d’instruction du chef de ménage influencent positivement le score de qualité du régime alimentaire. 

Les aliments nocifs les plus consommés sont les sucreries, la viande rouge (transformée ou non) et les aliments frits. Les snacks salés et les boissons gazeuses sont moins consommés. 

Score de consommation locale

Ce score a permis d’estimer la consommation de produits locaux avec des réserves sur la faculté d’appréciation des enquêtés (les personnes chargées des courses alimentaires au sein des ménages). Aucun ménage n’a déclaré un régime alimentaire qui serait centré sur les produits locaux (à plus de 60 %). La plupart ont une consommation mi-locale, mi-importée (entre 30 et 60%). Plus de la moitié des ménages enquêtés (54,2 %) consomme des bouillons cube industriels.  

Questionnaire des fréquences

La fréquence de consommation des légumes est élevée mais souvent limitée à leur présence dans les sauces. Les fruits sont peu consommés. Le régime alimentaire des jeunes est jugé pauvre en nutriments essentiels. 

Près de 60 % des jeunes ont une activité physique insuffisante (score de Marshall). 

 

Voir aussi :