Au Bénin : D'une Amap à une filière bio
Depuis sa création en 2008, Hortitechs a impulsé des projets innovants pour l’agroécologie : premier système de garantie participatif (SPG) bio d’Afrique de l’Ouest et création d’une Association pour le maintien de l'agriculture paysanne (Amap Bénin). L’Amap soutient les producteurs dans leur transition vers la bio tout en favorisant l’accès des urbains à des produits diversifiés et sains. Pour mieux comprendre son impact, nous avons rencontré Edgar Deguenon, coordinateur d’Hortitechs Développement.
Comment expliquez-vous le développement de l'Amap ?
Après le premier projet soutenu par le programme Pafao (2010-2013), il y avait 42 producteurs formés à la production bio qui vendaient des produits bio l’Amap. Aujourd’hui, ils sont environ 300 ! L’une des raisons à cet engouement, c’est la garantie de vente et de récupération de fonds pour le producteur : si le pôle commercialisation de l’Amap vous commande un produit, vous avez l’assurance que vous serez payé. L’Amap peut aussi préfinancer la production : par exemple, si l’Amap vous passe une commande pour 100 000 francs CFA, vous pouvez fournir la moitié de la commande, et acheter les intrants nécessaires à la production avec le reste du paiement. L’Amap met également à disposition des producteurs des stocks d’emballages et d’intrants organiques.
Du point de vue économique, on observe une augmentation des recettes pour les producteurs. Il existe de nombreux clichés sur l’agroécologie et sa rentabilité, supposée moindre. Certains légumes comme l’amarante ou le vernonia sont relativement simples en production agroécologique parce que ce sont des variétés locales qui résistent aux conditions climatiques et se développent bien. Dans ces cas, le coût de la production conventionnelle et celui de la production agroécologique peuvent être identiques.
Au niveau des rendements, il y a des produits pour lesquels on observe une baisse de 4 % à 9 % entre la production conventionnelle et la production agroécologique car le temps de production est rallongé pour la méthode agroécologique, mais cela reste raisonnable.
La certification bio participative est aussi une facteur ?
Oui, le système participatif de garantie (SPG) Bio est moins onéreux pour le producteur qu’une certification bio classique, pour laquelle il devrait débourser des milliers de francs, notamment pour couvrir les frais d’hébergement et de transport des certificateurs. La certification bio SPG implique directement les acteurs, soit localement ou au niveau national. Les outils, de certification, tels que le cahier des charges, ont été mis en place par des experts nationaux avec l’implication des représentants des consommateurs et d’ONG actives dans l’agriculture biologique et écologique.
Le label Bio SPG tient compte des réalités locales et nationales. C’est pour cela que nous mobilisons des chercheurs qui proposent des réponses face aux contraintes identifiées sur le terrain. Par ailleurs, le processus n’est pas aussi rigide que pour les certifications classiques où les cahiers des charges sont imposés aux producteurs sans tenir compte des contraintes locales.
De plus en plus de groupement produisent avec la certification Bio SPG au Bénin. Aujourd’hui, 1 225 producteurs sont certifiés Bio SPG, la plupart pour des fruits et légumes mais nous avons aussi du maïs, du riz, du manioc et du soja Bio SPG.
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Pour creuser le sujet :
- Site de l’association Hortitechs : https://amapbenin.wordpress.com/
- Synthèse de discussion, Les systèmes participatifs de garantie en Afrique de l’Ouest, 2022
- Entretien, Au Burkina Faso : vers une mise à l’échelle de la bio ? 2024
- Entretien, Martine Sawadogo : "Aujourd'hui les gens changent leur vision sur le bio", 2023
