Réseaux de distribution de bouillies fortifiées
Témoignage
Estelle Juré et des vendeuses de Laafi Benre
 
Estelle Juré (à gauche sur la photo) est responsable des opérations nutrition pour le Gret au Burkina Faso. Elle travaille sur un projet de promotion des bouillies infantiles fortifiées en vitamines et minéraux : les bouillies Laafi benre.
 
 
 
Après avoir appuyé les unités locales de production de farines infantiles, le Gret cherche aujourd’hui à les structurer en réseau. Il veut aussi promouvoir l’utilisation des produits Laafi benre auprès des populations les plus vulnérables, afin de prévenir la malnutrition infantile.
 
Dans les quartiers non lotis de la périphérie de Ouagadougou, où la croissance démographique explose, il s’agit de tester l’efficacité de réseaux de vente de proximité, sous forme de kiosques et de vente ambulante en porte à porte.
 
La production de farines infantiles au Burkina Faso est-elle récente ?
 
Non, les premières unités de production de farines infantiles sont apparues au Burkina dans les années 1980. A l’époque ces farines infantiles étaient produites à base de produits locaux tels que le mil, le lait et le soja. Elles permettaient d’avoir un apport énergétique intéressant pour les besoins nutritionnels des enfants, mais elles n’étaient pas optimales. En particulier, elles ne contenaient pas suffisamment de vitamines et de minéraux pour couvrir les besoins des enfants de 6 à 24 mois.
En 2005, le Gret et l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ont commencé à collaborer au programme Nutrifaso pour améliorer la qualité des aliments de complément au lait maternel destinés aux enfants de 6-24 mois. C’est ainsi que le Gret a accompagné la vingtaine d’unités de production présentes au Burkina. Ces entreprises, associations et groupements de femmes ont introduit dans leurs farines un complément en vitamines et en minéraux, ainsi qu’une enzyme qui permet de concentrer beaucoup d’énergie et d’éléments nutritifs dans une petite quantité de bouillie.
 
Les bouillies sont-elles largement utilisées par les mères ?
 
Dans les habitudes alimentaires burkinabées, les jeunes enfants consomment de la bouillie. En milieu urbain, les mères achètent des bouillies préparées dans la rue, à base de petit mil uniquement. Ces préparations traditionnelles n’ont pas une très grande valeur nutritionnelle : elles ne sont ni équilibrées, ni fortifiées en minéraux et vitamines. Les bouillies Laafi benre contiennent un ensemble d’ingrédients et de compléments alimentaires qui répondent aux besoins des 6-24 mois. Elles sont conformes aux normes internationales relatives aux aliments de complément au lait maternel (teneur en vitamines et minéraux optimale, répartition des protides, glucides et lipides respectée, etc.)
 
Vendeuse ambulante de Laafi benre, quartier de Bissighin © Gret
 
Quelles bouillies proposez-vous ?
 
Les kiosques proposent quatre types de bouillies différentes, fabriquées localement à partir de farines provenant de quatre unités de production de la zone. Elles ont des saveurs différentes et sont préparées à partir de diverses céréales. La farine Misola, par exemple, est composée de mil, d’arachide, de soja, de sucre et de sel iodé, et parfumée à la vanille. Une autre est à base de maïs, sorgho et niébé. Ces quatre produits sont vendus sous forme de sachet de farine de 60 grammes. Cela correspond à deux repas que les mères peuvent préparer à la maison. Nos deux produits phares sont également disponibles en version prête à consommer : des portions de 100 ml sont vendues dans des sachets plastiques noués, ou servies à la louche directement dans le gobelet de l’enfant.
 
 
 
Enfants dégustant la bouillie Laafi Benre © Gret
 
 
Propos recueillis en avril 2015 par Camille Bureau (CFSI), édités en juillet 2015. Photos © Gret
 
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Visuel de l'espace Nourrir les villes © Susan Beccio

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Informations sur le document

Estelle Juré
9
2015
CFSI
Français

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