Faim et politique : mobilisations et instrumentations
Étude/Rapport/Synthèse
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La crise alimentaire de 2008, par sa brutalité et son ampleur, a rappelé la vulnérabilité de certains États importateurs et des sociétés urbaines. Elle a remis en exergue le potentiel mobilisateur de la thématique de la « souveraineté alimentaire», qui élargit son influence à certaines enceintes internationales. De fait, la lutte contre la faim a changé de paradigme et d'échelle. Elle ne revêt pas seulement des objectifs économiques et techniques (lutter contre la précarité et la malnutrition) mais possède aussi une indéniable dimension politique. C'est bien la question des échanges, des transferts comme de la redistribution qui donne à la faim sa charge sociétale et politique.

Les gouvernants sont, de nouveau, confrontés à de vieux dilemmes: privilégier les consommateurs urbains (pour éviter des émeutes) ou appuyer les petits producteurs (pour freiner l'exode rural); organiser les filières locales ou laisser faire un marché mondialisé qui voit les multinationales de l'agroalimentaire prendre le contrôle d'immenses terres arables.

Examinant les politiques alimentaires menées en Tanzanie, au Niger, en Ethiopie et au Mali, ce dossier avance l'hypothèse d'une véritable administration de la faim qui, sous des atours forts divers, déploie ses règlements, ses pratiques et ses dispositifs de contrôle. Rompant avec les analyses convenues de l'insécurité alimentaire, il montre qu'entre surveiller et nourrir, l'alimentation est d'abord une affaire de pouvoir.

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Informations sur le document

Pierre Janin
12
2010
IRD
Français

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