La sécurité alimentaire constitue un enjeu important pour la plupart des pays en développement, en particulier pour les pays d’Afrique subsaharienne. Cependant, si depuis la crise alimentaire de 2008, la conviction reste profonde que la sécurité alimentaire passe par la promotion de l’agriculture, force et de reconnaître que des divergences importantes demeurent quant au type d’agriculture à privilégier.
Le débat porte essentiellement sur le choix, dans les politiques agricoles, entre deux modèles : l’exploitation agricole familiale d’une part et l’entreprise agricole à tendance capitaliste d’autre part, connue en Afrique de l’Ouest sous la dénomination « agro-business ou agro-industrie ». Suite à la crise alimentaire, la Fédération des Organisations Non Gouvernementales du Sénégal (FONGS, mouvement paysan autonome créé en 1976 qui compte aujourd’hui plus de 150 000 membres actifs) a senti la nécessité de se resituer par rapport au contexte agricole global afin de mieux cerner les enjeux, les risques et les perspectives qui se présentent pour les organisations paysannes.
D’un commun accord avec ses partenaires et mandatée par le Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR), la FONGS a décidé de mener une étude paysanne portant sur la capacité des exploitations agricoles familiales à nourrir le Sénégal.
L’objectif consistait à évaluer la problématique de la productivité des exploitations agricoles familiales et à dégager les orientations politiques pouvant leur permettre de jouer pleinement leur rôle, à savoir satisfaire durablement les besoins alimentaires des Sénégalais et créer des revenus pour les acteurs. Entamée en octobre 2008, cette recherche a impliqué les acteurs du monde rural à différents niveaux (exploitations agricoles familiales, associations paysannes des différentes zones agro-écologiques du pays, collectivités locales, administrations territoriales, services déconcentrés de l’État ou encore ONG).
Les résultats obtenus permettent de répondre en grande partie à la question : « Comment les exploitations familiales peuvent-elles nourrir le Sénégal ? » On voit en effet que, même si, à l’heure actuelle, l’agriculture familiale ne nourrit pas le Sénégal – qui, de ce fait, se voit contraint d’importer de nombreuses denrées alimentaires, elle contribue de façon très significative à l’alimentation des populations, notamment rurales.
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