Agroécologie, la performance est l'affaire de tous!
Étude/Rapport/Synthèse
Agroécologie, la performance est l'affaire de tous ? couverture rapport

Deloitte développement durable et France nature environnement (FNE) sont impliqués dans de nombreuses expériences de transition agricole en France.

Avec ce rapport, ils ont souhaité faire connaître des initiatives portées par des poids lourds du secteur agro-alimentaire (McDonald's, Lu, Terrena, Intermarché, Vignerons indépendants de France) pour montrer que la massification des pratiques agroécologiques est possible.

De nombreux agriculteurs ont pris conscience de l'impact de l'activité agricole et de la nécessité de changer de cap

Un exemple est le réseau DEPHY : ils démontrent chaque jour que, grâce à l'agroécologie, il est possible de réduire de 30 % l'usage de produits phytosanitaires sans diminuer les rendements*. L'agroécologie est fondée sur une approche intégrée qui remet l'agriculteur et l'agronomie au centre des pratiques. Chaque exploitation agroécologique est unique. Les points communs sont :

- rentabilité : dans les aides de la PAC, le revenu de beaucoup d'agriculteurs serait négatif. Les pratiques agroécologiques permettent une augmentation de la marge nette des agriculteurs. 

- économie d'intrants : les intrants représentent en moyenne 50 à 60 % du chiffre d'affaires d'un agriculteur ; les réduire c'est donc assurer une meilleure indépendance financière de son exploitation.

- autonomie : notamment en étant plus diversifié et en recyclant les ressources produites sur la ferme.

- réduction de la pollution : pratiques respectueuses de la qualité des sols, de l'air, de la faune et de la flore, des infrastructures agroécologiques (haies, bosquets, mares, ...)

Les enseignements de l'agriculture biologique

L'agriculture biologique a été le laboratoire de l'innovation agronomique et ses agriculteurs sont souvent les meilleurs représentants de l'agroécologie. L'obligation de se passer de produits de synthèse a permis de développer des pratiques alternatives. La clarté du cahier des charges a permis de créer un vrai contrat de confiance avec le consommateur. Il est essentiel de continuer à soutenir l'agriculture biologique, tout particulièrement dans les zones sensibles (proches des captages d'eau, des écoles, des hôpitaux, etc.)

Des acteurs industriels et de la distribution qui rejoignent le mouvement

En outre, de nombreuses grandes entreprises de l'agroalimentaire et de la distribution prennent leur responsabilité, vis-à-vis de l'amont des filières et des consommateurs. Elles mettent en route des démarches de progrès qui peuvent être considérées comme un premier pas vers l'agroécologie. Dans le même temps, une grande attention est portée au partage équitable de la plus-value au sein de la filière. Ces démarches relèvent toujours de dynamiques collectives et se construisent toujours dans une logique de dialogue et de concertation. L'idée de plan de progrès reposant sur des phases d'expérimentation est préférée à celle de cahiers des charges.

Dans le cas de McDonald's c'est un réseau de 80 fermes de référence dans les filière blé, pommes de terre, salade, poulet et bœuf qui testent des pratiques innovantes non diffusées à vaste échelle à ce jour.

Ces démarches s'appuient sur l'expertise de la recherche et des ONG. Pour garantir la pérennité économique des acteurs, des actions d'accompagnement sont mises en place. Par exemple, la coopérative agricole Terrena a mis en place un partenariat avec Système U pour la distribution de la viande de porc issue de sa démarche La Nouvelle Agriculture. Une relation tripartite nouvelle s'établit entre les 3 acteurs : agriculteurs, industriels et distributeur. La contractualisation repose sur une filière plus courte pour garantir la traçabilité des produits et optimiser les coûts

Une solution réaliste à grande échelle

L'expérience du développement des filières bio montrent que la transformation agroécologique ne pourra se faire à grande échelle que si un travail collectif a lieu sur trois grands piliers :

- lever les verrous socio-techniques auxquels sont confrontés les agriculteurs pour faire évoluer leurs pratiques (recherche agronomique, formation, redistribution des subventions pour soutenir la transition, etc.)

- développer et organiser les filières de manière à soutenir activement les nouveaux modes de production (exemples : identification des débouchés rentables, contrats pluriannuels entre agriculteurs et transformateurs, etc.)

- valoriser les produits issus de l'agroécologie auprès des consommateurs. Par leur choix, les consommateurs contribuent au changement des filières (exemple de la filière œufs pour laquelle les distributeurs ont décidé de supprimer les œufs de batterie de leurs rayons).

 

* Voir l'étude de l'Inra, Réduire l’usage des pesticides en agriculture sans perte de performances, 2017

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2017
Deloitte, France Nature Environnement
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