Notre planète alimentaire ne tourne pas rond.

D'un côté, l'abondance a donné lieu à de nouvelles pathologies (obésité, diabète,…).

De l'autre, les émeutes de la faim en 2008 nous ont montré la vulnérabilité extrême de notre modèle agricole et alimentaire. Aujourd'hui, le problème n’est pas tant le manque de nourriture que l’impossibilité d'obtenir cette nourriture. Jamais dans l’histoire autant d’aliments n’ont été produits.  Mais pour les milliards de personnes qui, dans les pays du Sud, dépensent entre 50 % et 60 % de leur revenu (et même 80 % dans les pays les plus pauvres) pour acheter leur nourriture, la hausse du prix des denrées alimentaires les a rendu inaccessibles.

La fragilité de ces populations peut les faire basculer dans une famine si d'autres facteurs comme une longue sécheresse ou un conflit armé surviennent comme en Somalie.

Malgré des prévisions favorables de production agricole dans les années à venir, la FAO estime que les prix resteront élevés et qu’en conséquence la majorité des pays pauvres continuera à souffrir des effets de la crise alimentaire.

Dans ce contexte, les défis à relever dans le futur sont immenses. Comment nourrir les 9 milliards d'individus qui peupleront la planète en 2050 ? Les ressources naturelles disponibles pour la production alimentaires ne sont pas extensibles à l'infini. A l'avenir, les tensions sur l'utilisation des terres, de l'eau, de la biomasse risquent d'être fortes, avec en parallèle une standardisation des régimes alimentaires entraînant une consommation de plus en plus riches en protéines animales (viande et lait) décuplant les besoins en céréales pour l'alimentation des animaux.

Pour comprendre les rapports de force qui façonnent notre planète alimentaire, il faut analyser le rôle des différentes institutions et acteurs économiques mais aussi celui des consommateurs que nous sommes. Car nos goûts et nos pratiques alimentaires ne sont pas sans incidence.