Brèves

10/11/16
Projection à Sciences Po Paris © PAVéS

Le Festival ALIMENTERRE a lieu partout en France et dans 9 autres pays depuis le 15 octobre et jusqu’à la fin du mois de novembre. Semences, lutte des travailleurs agricoles, agroécologie et consommer local sont quelques-uns des thèmes au menu de plus de 1 000 évènements programmés pour cette 10ème édition du Festival.

De nouveaux organisateurs de Paris à Kinshasa en passant par l’Afrique de l’Ouest

Cette année l’association PAVéS a organisé des projections-débats à Sciences Po Paris, dont une soirée sur la biopiraterie avec le film Pérou : la nouvelle loi de la jungle et les interventions de deux experts de la Fondation France-Libertés, et une projection de Manger, c’est pas sorcier ! qui a réuni des entrepreneurs venus d’horizons divers.

Le Maire du 18ème arrondissement de Paris a ouvert une soirée de projection de 10 billions, what’s on your plate ! à la Halle Pajol. Plus de 150 personnes se sont pressées pour rencontrer, après la projection, 3 associations qui proposent des alternatives et Corinne Peluchon venue présenter son livre : Les Nourritures, Philosophie du corps politique.

Au Burkina Faso et Côte d’Ivoire, pas moins de 6 nouveaux acteurs rejoignent ALIMENTERRE cette année ! Les associations Autre Terre , Cirdes, Kouady, Terre à vie, Watinoma ainsi que le Ministère ivoirien de l’environnement et du développement durable.

En République démocratique du Congo, la foule était au rendez-vous pour la première édition du Festival ALIMENTERRE organisée par SOS Faim. Les séances se sont tenues dans 4 lieux de Kinshasa fréquentés par les jeunes (universités, centres culturels et artistiques).

Tournée de 3 experts internationaux

Du 14 au 27 novembre, 3 experts internationaux vont à la rencontre du public pour parler des alternatives qu’ils mettent en œuvre dans leur pays : Kien Dang (Viet Nam), Oumy Seck (Sénégal) et Aubin Waibena (Togo).

Membre de l’équipe de production du film Manger, c’est pas sorcier ! (sélection du Festival), Aubin Waibena intervient sur le thèmes de l’accaparement des terres, l’éducation à la nutrition, l’agroécologie, le droit à l’alimentation ou encore le consommer local. Il présente les innovations portées par son organisation (Oadel) comme la boutique-bar-restaurant de produits locaux à Lomé*.

 

Retrouvez tous les évènements dans l'agenda du Festival

En savoir plus sur la tournée des experts internationaux

 

*projet soutenu par le programme CFSI –Fondation de France de Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao) : voir la fiche innovation et l'interview de Tata Ametoenyenou de l'Oadel

07/11/16
Manifestation anti-Tafta anti-Ceta © Olivier Tétard

CETA, TAFTA, APE, autant d’accords de libre échange qui arrivent à mobiliser de plus en plus d’opposition contre eux. Doit-on s’étonner de cette tendance ?

Un processus de libéralisation déjà bien avancé

Le libre-échangisme a dominé les politiques commerciales pendant des décennies avec les accords du GATT, de l’OMC, puis toute une série d’accords bilatéraux et régionaux du fait du blocage de l’OMC. Il se fonde essentiellement sur la théorie des avantages comparatifs développée au début du XIXe siècle par l’économiste britannique Ricardo qui stipule que le libre-échange offre des avantages du fait de la spécialisation des économies. Il s’agit d’un principe purement économique dans un objectif de croissance correspondant à une économie de pénurie et de misère telle que celle de la Grande-Bretagne de l’époque.

Un modèle intenable

Mais, au XXIe siècle, la perspective a changé radicalement : depuis le Sommet de la terre organisé de 1992 à Rio et l’avènement du concept de Développement Durable, nos sociétés ont pris conscience que la croissance économique per se n’est plus tenable et qu’il faut appréhender le développement sous tous ses aspects (social, environnemental, politique, culturel). La conséquence est qu’il est tout à fait insuffisant d’évaluer les politiques à leur seul impact sur la croissance.

Quand on échange des produits, on échange également des normes techniques, sociales, environnementales et culturelles comme l’exprime le schéma ci-contre. Ainsi, par exemple, dans le cas du CETA, il est probable que l’augmentation des importations par l’UE de viande bovine en provenance du Canada se traduira par le développement d’une production de viande bovine plus industrialisée (pour concurrencer la viande canadienne) ce qui modifiera la qualité de la viande disponible sur le marché européen.

Brader son mode de vie ?

S’engager dans un accord commercial en ne regardant que l’aspect économique financier revient à brader ces autres dimensions de l’échange et, en fait, tout un mode de vie, contre des avantages sonnant et trébuchant dont la majorité de la population ne voit jamais la couleur.

Les citoyens sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales (émission de gaz à effet de serre dont presque tout le monde a compris l’importance), de santé (résidus chimiques dans l’alimentation, OGM, etc.), de protection sociale, de politique (la question des tribunaux d’arbitrage privés) et même de philosophie (principe de précaution inscrit dans la Constitution française ou principe scientifique classique adopté outre-Atlantique où l’on s’en tient à ce qui est démontré scientifiquement).

Consulter les populations

On voit donc mal comment engager d’autres accords commerciaux en occultant tous ces aspects, sans augmenter la transparence des négociations et sans mesurer réellement l’impact qu’ils pourraient avoir sur chacune des dimensions qu’ils affectent. Sinon, on risque de voir, dans l’espoir d’un gain économique minime, une augmentation de la résistance à ces accords qui pourrait être récupérée par des partis extrémistes.

 

Source : D’après un article de Materne Maetz publié sur Lafaimexpliquee.org

 

Creuser le sujet :

- Vidéo, Le Traité Transatlantique selon l'humoriste belge Abdel en vrai

- Synthèse, L’accord de partenariat transatlantique : un sujet à surveiller de près

- Information, Le libre-échange ne nourrira pas le monde

- Information, Accords de partenariat économique : la souveraineté alimentaire du Sud menacée

- Témoignage, Afrique de l'Ouest : " Si on ne protège pas nos économies ne serait-ce qu'un temps, jamais nous n'émergerons "

31/10/16
"Agriculteurs abandonnés - la ruralité abandonnée"

Le besoin de repenser la Politique agricole commune (Pac) est au centre du rapport présenté par l’eurodéputé Éric Andrieu le 10 octobre 2016. L’étude conduite par la Commission de l’agriculture et du développement rural, dont Andrieu est vice-président, vise à modifier la Pac, qui représente aujourd’hui 40 % du budget européen.

À présent, seulement 4 % des Européens travaillent dans l’agriculture. Bien plus préoccupant encore, les moins de 35 ans ne représentent que 6 % du total des agriculteurs. Or, comme le souligne Éric Andrieu lui-même, « nous avons mené une politique publique qui a détruit de l’emploi agricole ». De plus, près d’un jeune de moins de 25 ans sur cinq en Europe n’a pas d’emploi.

Le problème, selon l’eurodéputé français, n'est pas la Pac en tant que dispositif de support à la production agricole dans l’UE, mais plutôt les cibles de ses fonds. Il serait donc nécessaire «d’évincer de la Pac les 3 % des exploitations les plus grosses, qui disposent de 50 % de la surface agricole de l’UE, mais qui ne créent pas d’emploi et polluent beaucoup » a ajouté le membre de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D).

La solution à ces déséquilibres ? Raisonner en termes de territoires et arrêter les dynamiques qui poussent les États membres à se faire concurrence. « Si on se concentre sur le local avec des circuits courts et une production durable, en conditionnant les aides publiques à la création d’emploi - continue le représentant français – on pourra remplir un cahier des charges très important : aménagement du territoire, qualité des produits, rémunération des agriculteurs, environnement ».  Le message est donc clair, « Il est nécessaire d’organiser les marchés agricoles ! C’est bien un secteur qui prouve que la libéralisation ne fonctionne pas » conclut Andrieu.

Le Parlement de Strasbourg a reçu de manière positive et a approuvé le rapport lors du vote du 27 octobre 2016.

 

 

Source : Eric Andrieu : « Il faut repenser la Pac qui a détruit des emploi »  (26 octobre 2016)

Rapport sur la façon dont la PAC peut améliorer la création d'emplois dans les zones rurales 

 

18/10/16
Vidéo de lancement du Festival ALIMENTERRE 2016 en Nouvelle Aquitaine

C'est quoi le menu ?

En Nouvelle Aquitaine, les 3 coordinations ALIMENTERRE de Limousin (MDH de Limoges), Aquitaine (Radsi) et Poitou-Charentes (Kurioz) se sont associés pour :

- produire des outils communs comme cette vidéo micro-trottoir de lancement du Festival

=> Vidéo de lancement du Festival ALIMENTERRE 2016 en Nouvelle Aquitaine

- organiser une tournée de partenaires burkinabés lors des séances de projections-débats aux 4 coins de la nouvelle région ;

Voir les séances programmées en Limousin

Voir les séances programmées en Aquitaine

Voir les séances programmées en Poitou-Charentes

29/08/16
prairie © Bastien Breuil

Le réseau des AMAP en Ile-de-France lance une pétition contre la baisse des subventions régionales à la mise en oeuvre d'une agriculture et d'une alimentation durables.

En avril dernier, les élus de la région Ile-de-France ont voté une réduction de 500 000 € des frais de fonctionnement de l’animation du Plan bio. Dans d'autres régions, la situation est également compliquée : les exécutifs des régions Rhône-Alpes-Auvergne et PACA ont aussi voté la non-reconduction de subventions allouées aux structures d'accompagnement d'une agriculture biologique et paysanne.

Ces subventions régionales permettent de soutenir les structures essentielles à l'animation et au développement de l'agriculture biologique et paysanne de demain : éveil des vocations, formations pour les futurs paysans, accompagnement des paysans installés, préparation des transmissions de fermes en agriculture biologique et citoyenne, conception et accompagnement des projets d'installation portés par les collectivités locales franciliennes. Autant de projets concrets sur nos territoires qui auront du mal à voir le jour sans le soutien réel des politiques publiques en faveur d'une agriculture biologique et paysanne, une agriculture pérenne sur le plan économique, environnemental et social.

La pétition est donc lancée pour rappeler la majorité régionale à ses engagements de campagne et exiger la mise en œuvre de mesures claires pour :
- assurer la continuité de la mise en œuvre du Plan Bio Etat- Région 2014 - 2020 à la hauteur  des  ambitions  affichées  à  sa  signature, avec  des  fonds  d’animation  augmentés  permettant  ainsi d’engager une vraie transition écologique ;
- ouvrir la gouvernance agricole et alimentaire francilienne, notamment le Comité Régional Installation et Transmission et le Conseil d'administration de l'Agence des Espaces verts ;
- donner les moyens à l'Agence des Espaces Verts et aux communes d'acquérir du foncier agricole pour des projets biologiques intégrés au territoire. 

" Tous les citoyens soucieux de leur alimentation, de leur santé, de la préservation des sols, de l'eau, de l'air, des ressources énergétiques, des conditions de travail et de vie des agriculteurs, [sont invités à] demander à travers la signature de cette pétition le soutien de l'agriculture biologique, paysanne et citoyenne dans la prochaine stratégie régionale qui sera votée à l'automne, et ce à la hauteur des perspectives qu'elle porte pour l'avenir : renouvellement de la génération agricole, relocalisation de la production alimentaire pour les populations (notamment les cantines scolaires), accès à une alimentation saine et de qualité pour tous, préservation de la fertilité des sols et de notre environnement, création d'emplois locaux et durables, pérennisation économique, sensibilisation des jeunes à l’agriculture et l'alimentation."

 

Pour signer la pétition, cliquez ici

prairie © Bastien Breuil