Brèves

08/02/17
Lycéens lors du Festival ALIMENTERRE 2016

Des solutions pour nourrir la planète : « Malgré la conjoncture, les initiatives locales, innovantes, solidaires montrent qu'un mouvement citoyen est en marche ».

70 000 citoyens ont participé à la 10ème édition du Festival ALIMENTERRE dans plus 400 communes en France et dans 10 pays. Alors que le système alimentaire mondialisé qui domine au Nord et cherche à se développer au Sud montre ses limites, les citoyens ont exploré « les solutions pour nourrir la planète », thème de cette édition. « Un mouvement citoyen est en marche » ont ainsi démontré les milliers de citoyens bénévoles mobilisés dans l’organisation des évènements et la participation aux débats.

« On retrouve les mêmes problèmes chez nous ! »

Après le visionnage du film togolais Manger, c’est pas sorcier !, un lycéen de Rhône-Alpes s’est rendu compte que les enjeux agricoles et alimentaires sont partagés par tous les êtres humains de la planète et doivent être pensés avec une vision commune et globale. Parce qu’« On retrouve les mêmes problèmes chez nous ! »

Le film d’animation The Change a fait le lien entre les enjeux climatiques ici et dans le monde.  Alors qu’en Martinique l’impact du changement climatique est déjà visible, les élèves d’une classe de primaire de la ville de Le François ont réalisé la nécessité d’agir en citoyens: « il faut respecter l'environnement, en recyclant, en faisant moins de gaspillage d'eau, d’énergie, en mangeant local. »

« Je cultive la diversité »

À Lopérec (29), un lycéen s’est inquiété de voir « les semences entre les mains de quelques-uns », après la projection du documentaire La guerre des graines de Stenka Quillet et Clément Montfort, qui a été le film le plus projeté : « On ne savait pas tout ça !».

Il a rappelé que « le droit d'accès aux semences, c'est l'autonomie des agriculteurs ». En Poitou-Charentes, un agriculteur a abondé dans ce sens : « je cultive la diversité, je suis devenu autonome ».

Pour René L. de Quimper, « en faisant nos propres semences, on a retrouvé la fierté d'être agriculteur ». Les citoyens aussi, en tant que consommateurs, peuvent se mobiliser contre la brevetabilité du vivant, présenté lors du film « Pérou : nouvelle loi de la Jungle de François Reinhardt.

 « J’ai fait le lien entre ce qui se passe à l'échelle mondial et ce que je vis sur ma ferme ».

Guy M., agriculteur, a fait le lien entre ce qui se passe à l'échelle mondiale et sa ferme : « J'avais des rendements en céréales qui diminuaient. Depuis que je cultive des semences paysannes  de variétés anciennes qui venaient justement de mon secteur, mes rendements remontent ».

« À vous, consommateurs, d’aller au-devant des producteurs »

Pour Oumy Seck, intervenante sénégalaise, invitée par le Festival, il faut : « partir de l'existant et innover, inventer, chacun à son rythme. Ne sous-estimons pas nos actions. Une goutte, puis un verre, un seau, une bassine... cela finit par faire beaucoup d'eau ! »

Un paysan boulanger s’est exprimé face au public lors d’une projection dans le Jura : « A vous, consommateurs, d’aller au-devant des producteurs, pour leur demander comment ils travaillent. C’est la seule manière pour vous de savoir d’où viennent les graines que vous mangez et à quel modèle vous contribuez. »

« La volonté politique peut impulser la mise en place des alternatives locales. »

À Champagnole (39), un spectateur prend la parole après la projection du film 10 billion, what’s on your plate? : « le changement viendra des citoyens, même si la volonté politique peut impulser la mise en place des alternatives locales. » Parce que : « Malgré la conjoncture, les initiatives locales, innovantes, solidaires montrent qu'un mouvement citoyen est en marche ».

Le Festival ALIMENTERRE est coordonné au niveau national par le CFSI et est mis en œuvre par le réseau ALIMENTERRE sur les territoires. Le CFSI remercie les milliers de bénévoles issus de plus de 900 organisations mobilisées ainsi que ses partenaires nationaux : l’Agence Française du Développement, la Fondation Carasso, la Fondation Léa Nature, Biocoop, Alternatives Economiques, l’Enseignement agricole et le réseau 1% for the planet. Rendez-vous en octobre 2017 pour la onzième édition !

09/01/17
Zone de Canavières (Albi) © F.Guibilato / Ville d'Albi

De plus en plus de citadins ont envie de consommer local. Certaines villes comme Rennes ou Albi ambitionnent même d’être autosuffisantes.  

En 2016, Albi (51 000 habitants) et Rennes (210 000 habitants) se sont lancées dans d’ambitieux programmes de transition citoyenne et écologique avec l’objectif affiché d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Dans les deux villes, les jardiniers du mouvement les Incroyables comestibles réinvestissent l’espace public pour y planter des fruits et des légumes. Le défi vise surtout à faire bouger les mentalités et à favoriser les circuits courts. « Quand un agriculteur serre la main de ses clients, il se pose plus facilement la question des produits qu’il met dans son champs » note Jean-Michel Bouat, l’adjoint au maire d’Albi en charge du dossier. Une friche verdoyante de 73 hectares fait partie du territoire de la ville et la Mairie préempte les terrains pour les louer ensuite à loyer modéré à des maraîchers avec l’obligation de cultiver en bio. L’avantage des fermes urbaines est aussi qu’elles sont génératrices d’emplois (car peu mécanisées) et de lien social. Mais, selon Jean-Michel Bouat, pour le passage à grande échelle « c’est au secteur privé d’y aller. Tout ce que l’on fait là sert à déclencher une prise de conscience ».

Des nombreux défis

Les solutions pour une production locale reposent essentiellement sur les cultures maraîchères. Les céréales demandent beaucoup plus de surface. L’autosuffisance pourrait être pensée à une échelle plus large (département ?), d’autant que des décisions politiques contradictoires peuvent grignoter les espaces cultivables à proximité des villes. La question de l’espace disponible se pose aussi pour l’élevage. Selon Gilles Billen, directeur de recherche au CNRS, la relocalisation de l’approvisionnement va impliquer d’ici 2030 un retour de l’élevage en Ile-de-France avec une complémentarité culture/élevage retrouvée et la généralisation de l’agriculture biologique. Mais, la modification des régimes alimentaires est inévitable, le chercheur estime que la consommation de protéines animales doit baisser de moitié.  

Sources : Le Figaro, Consoglobe

09/01/17
Photo Coton Afrique

L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a publié une étude qui confirme que les intérêts privés influencent les résultats des recherches scientifiques.

Dans une étude publiée dans PLoS ONE* Thomas Guillemaud, Eric Lombaert et Denis Bourguet analysent les cas de conflits d’intérêts pour 672 articles de recherche portant sur une question précise liée aux OGM : l’efficacité et la durabilité de certains OGM qui produisent une protéine insecticide connu sous le nom de Bacillus thuringiensis (Bt), notamment des variétés de maïs et de coton* de Monsanto, Syngenta, Dow AgroSciences et DuPont Pioneer.

Les cas de conflits d’intérêts considérés sont des liens professionnels (les chercheurs sont employés par la compagnie privée) ou de financement direct de l’étude par l’industrie semencière concernée. Les liens possibles de nature non financière, intrinsèques ou intellectuels, ne sont pas pris en compte. Ils constatent ainsi qu’il y a au moins 40 % de cas de conflit d’intérêts.

En cas de conflit d’intérêts, les auteurs notent que « les conclusions ont 49 % de chances d’être plus favorables aux intérêts des industries semencières », ce qui correspond à peu de chose près aux résultats obtenus par d’autres études du même type portant sur la recherche sur le tabac, les produits biomédicaux, le nucléaire, le sucre et les produits pharmaceutiques.

Les trois auteurs ont aussi étudié les mécanismes à l’œuvre et constatent que, en cas de conflit d’intérêts, l’étude porte principalement sur l’efficacité des OGM et non sur leur durabilité.

 

Source : D’après une brève de Materne Maetz parue sur la faimexpliquee.org

 

* Guillemaud T, Lombaert E, Bourguet D (2016) Conflicts of Interest in GM Bt Crop Efficacy and Durability Studies, PLoS ONE 11(12): e0167777. doi:10.1371/journal.pone.0167777

** Sur le coton Bt, voir l’article Le coton OGM ne tient pas ses promesses et Burkina Faso : Un rapport de la Copagen très coton pour Monsanto

21/12/16
Agriculture Burkina Faso © Alfonso Castellanos

Afin de soutenir les paysans ouest-africains, les autres acteurs des filières et leurs organisations, la Fondation de France et le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) se sont associés en 2009 pour lancer un programme de renforcement de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest. En savoir plus sur les appels précédents

L’objectif est de promouvoir des initiatives locales de renforcement de l’accès à l’alimentation par une agriculture familiale ouest-africaine viable et durable, d’en partager les acquis à des échelles plus vastes et de contribuer à la documentation de la soutenabilité de ce modèle agricole.

L'appel à projets 2017 a été lancé le mercredi 21 décembre 2016.

VOIR L'APPEL 2017

La date limite de dépôt des dossiers est le mardi 7 mars 2017.

 

 

Ce programme bénéficie d’une contribution de la Fondation JM.Bruneau (sous égide de la Fondation de France) et de l’AFD. Seed Foundation participe au volet capitalisation du programme. Le Réseau des organisations paysannes et de producteurs d’Afrique de l’Ouest (Roppa) est membre du comité d’orientation et de suivi.

 

10/11/16
Projection à Sciences Po Paris © PAVéS

Le Festival ALIMENTERRE a lieu partout en France et dans 9 autres pays depuis le 15 octobre et jusqu’à la fin du mois de novembre. Semences, lutte des travailleurs agricoles, agroécologie et consommer local sont quelques-uns des thèmes au menu de plus de 1 000 évènements programmés pour cette 10ème édition du Festival.

De nouveaux organisateurs de Paris à Kinshasa en passant par l’Afrique de l’Ouest

Cette année l’association PAVéS a organisé des projections-débats à Sciences Po Paris, dont une soirée sur la biopiraterie avec le film Pérou : la nouvelle loi de la jungle et les interventions de deux experts de la Fondation France-Libertés, et une projection de Manger, c’est pas sorcier ! qui a réuni des entrepreneurs venus d’horizons divers.

Le Maire du 18ème arrondissement de Paris a ouvert une soirée de projection de 10 billions, what’s on your plate ! à la Halle Pajol. Plus de 150 personnes se sont pressées pour rencontrer, après la projection, 3 associations qui proposent des alternatives et Corinne Peluchon venue présenter son livre : Les Nourritures, Philosophie du corps politique.

Au Burkina Faso et Côte d’Ivoire, pas moins de 6 nouveaux acteurs rejoignent ALIMENTERRE cette année ! Les associations Autre Terre , Cirdes, Kouady, Terre à vie, Watinoma ainsi que le Ministère ivoirien de l’environnement et du développement durable.

En République démocratique du Congo, la foule était au rendez-vous pour la première édition du Festival ALIMENTERRE organisée par SOS Faim. Les séances se sont tenues dans 4 lieux de Kinshasa fréquentés par les jeunes (universités, centres culturels et artistiques).

Tournée de 3 experts internationaux

Du 14 au 27 novembre, 3 experts internationaux vont à la rencontre du public pour parler des alternatives qu’ils mettent en œuvre dans leur pays : Kien Dang (Viet Nam), Oumy Seck (Sénégal) et Aubin Waibena (Togo).

Membre de l’équipe de production du film Manger, c’est pas sorcier ! (sélection du Festival), Aubin Waibena intervient sur le thèmes de l’accaparement des terres, l’éducation à la nutrition, l’agroécologie, le droit à l’alimentation ou encore le consommer local. Il présente les innovations portées par son organisation (Oadel) comme la boutique-bar-restaurant de produits locaux à Lomé*.

 

Retrouvez tous les évènements dans l'agenda du Festival

En savoir plus sur la tournée des experts internationaux

 

*projet soutenu par le programme CFSI –Fondation de France de Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao) : voir la fiche innovation et l'interview de Tata Ametoenyenou de l'Oadel