Brèves

24/04/17
petition peasants rights droits des paysans

Assassinats, expulsion de paysans de leurs terres, intoxication de travailleurs agricoles par des pesticides… Les violations des droits humains fondamentaux des paysans et des autres travailleurs ruraux sont nombreuses.

C’est pourquoi, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a décidé d’élaborer une Déclaration pour défendre leurs droits. Mais la France et de nombreux États européens manifestent de telles réserves à se saisir du dossier que cela revient à s’opposer au projet lui-même.

La Confédération paysanne, le CFSI, FIAN, SOL et la Fédération Artisans du Monde font partie des organisations françaises qui ont décidé de relayer en France la pétition européenne pour demander aux pays européens de soutenir la Déclaration. 

Une réunion majeure du groupe de travail chargé d’élaborer la Déclaration aura lieu au Conseil des droits de l’homme du 15 au 19 mai 2017. Il est important qu’avant cette date un maximum de citoyens se mobilise pour demander au ministre français des Affaires étrangères de soutenir la Déclaration et de contribuer de manière constructive à son contenu.

Signez la pétition https://peasantsrights.eu/

24/04/17
maison familiale rurale MFR formation agricole Mali

La formation des jeunes est au cœur des enjeux du développement de l’agriculture familiale. Au Mali, le Fida a décidé de financer la création de 40 nouvelles MFR et la formation de 200 000 jeunes. Cette réussite est le fruit d’un plaidoyer de plus de 10 ans de la part de l’Union nationale des maisons familiales rurales du Mali (UNMFR-M) auprès de l’État et des organisations internationales.

Une action cruciale

Alors que l’agriculture paysanne est de plus en plus menacée par le changement climatique ou encore l’accaparement des terres, la formation des jeunes ruraux est déterminante pour limiter  l’exode vers les villes. L’agriculture familiale est un extraordinaire vivier d’emplois, à même de répondre aux besoins d’une démographie croissante,  et représente un véritable potentiel de développement. Le financement Fida pour la création de 40 nouveaux MFR et la formation de 200 000 jeunes est géré par Fier (Formation insertion à entreprenariat des ruraux), une ONG nationale.

Reconnaissance encourageante de l’Etat

L’UNMFR-M se bat pour que la formation professionnelle agricole soit financée par l’État (qui n’était jusqu’à présent pas impliqué alors que le financement d’autres formations – métiers de l’artisanat par exemple – est pris en charge), et que des attestations de fin de formation ou diplômes d’État soient délivrés. L’UNMFR-M a déjà créé 10 MFR : 6 dans la région de Sikasso et 4 dans la région de Koulikoro. Cette année l’Union a débuté le processus de création de 10 autres centres dans les régions de Kayes et Segou, et est chargée de la formation pré professionnelle de 20 000 jeunes.

 

La valorisation du métier d’agriculteur

La reconnaissance de l’action des MFR par la puissance publique ne représente pas seulement un enjeu financier, il s’agit également de valoriser un métier non reconnu au Mali. Il n’existe pas de référentiel. Cela a un impact sur les jeunes, qui reviennent 2 mois ½ pour la saison des cultures puis repartent vers les villes. Les MFR sont en première ligne pour lutter contre cet exode. Elles dispensent un savoir-faire technique  visant à rendre l’activité agricole familiale attractive et à faire du paysan un acteur en mesure de répondre aux défis de demain.

 

Pour creuser le sujet: 

Centres de formations et appui étatique, 2016

Nouveau souffle pour la formation agricole, 2015

Dynamiques agricoles en Afrique subsaharienne : une perspective à 2050, 2015

Agriculture familiale : les MFR de 16 pays signent un manifeste, 2014

Le défi de former les agriculteurs de demain, 2014

 

19/04/17
Affiche Prix ALIMENTERRE 2017

Suite au vote du jury ALIMENTERRE, le CFSI et la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche (DGER) du Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt (MAAF) ont le plaisir d’annoncer les films lauréats du Prix ALIMENTERRE 2017, concours de films courts pour les lycéens et jeunes de moins de 25 ans.

Pour l’édition 2017, les jeunes étaient invités à réaliser des films courts sur le thème « Nourrir la planète aujourd’hui et demain». Les organisateurs adressent leurs félicitations à tous les jeunes réalisateurs impliqués et aux 6 groupes de jeunes lauréats pour la qualité de leur travail.

Dans la catégorie « Lycéen », les films lauréats sont (ordre alphabétique) :

  • « Agriculture 2.0 », réalisé par des élèves de Terminale AE du lycée agricole de La Germinière (Pays de la Loire)
  • « Le champ des possibles», réalisé par des élèves de 2nde GT du lycée agricole public de Kernilien-Guingamp (Bretagne)
  • « Viandes et compagnie», réalisé par la classe de première STAV du Lycée d’Enseignement Général et Technologique de Toulouse-Auzeville (Occitanie)

Dans la catégorie « Etudiant », les films lauréats sont (ordre alphabétique) :

  • « Du steak à l’insecte », réalisé par des étudiants de BTS 1 du lycée Lasalle Levier (Bourgogne - Franche-Comté)
  •  « L’agroécologie, une agriculture moderne», réalisé par des étudiants de BTS 1 du lycée Lasalle Levier (Bourgogne - Franche-Comté)
  • « Les fruits et légumes de saison » réalisé par des étudiants de BTS 1 du lycée Lasalle Levier (Bourgogne - Franche-Comté)

Le classement des films lauréats et la distinction « Coup de cœur du jury » seront dévoilés jeudi 18 mai 2017 lors de la remise des Prix ALIMENTERRE 2017. La cérémonie aura lieu lors de l’évènement « Jeunes de l’enseignement agricole et citoyens d’un monde qui bouge » organisé par l’enseignement agricole, le réseau d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité (RED) et le CFSI.

A la clé, des bons d’achat jusqu’à 600 euros pour du matériel audiovisuel, une journée sur le thème du cinéma à Paris et d’autres cadeaux à découvrir. Tous les films lauréats seront présentés lors du Salon international de l’agriculture en 2018. Le film coup de cœur du jury sera diffusé durant le Festival ALIMENTERRE qui aura lieu du 15 octobre au 30 novembre prochain dans près de 590 communes de France et de 12 pays.

Rendez-vous le 18 mai !

 

Affiche Prix ALIMENTERRE 2017

 

07/04/17
Aide alimentaire au Sud Soudan ©Reuters/Siegfried Modola

Le spectre de la famine est de retour en force dans nos médias. Une nouvelle crise a lieu au Nigéria, en Somalie, au Sud Soudan et au Yémen avec, d’après l’ONU, plus de 20 millions de personnes touchées. Plusieurs experts soulignent les défauts de communication de l’ONU. Avec ce chiffre impressionnant, des niveaux de sous-alimentation très différents sont amalgamés. Plus grave, il n’est pas dit clairement que les situations extrêmes de famine sont presque toujours le fruit de décisions humaines et qu’elles sont donc évitables.

20 millions de victimes : choc ou découragement ?

Selon Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières (MSF), le chiffre de 20 millions de personnes, destiné à frapper les esprits, recouvre des réalités très différentes. Certaines personnes sont en train de mourir dans de terribles souffrances tandis que des millions d’autres sont dans des situations à risque. Amalgamer toutes les situations peut décrédibiliser le message autant que provoquer un certain découragement dans l’opinion publique. Alors que les personnes qui meurent de faim sont le plus souvent victimes de gouvernements qui les prennent en otage et sur lesquels les grandes puissances peuvent faire pression.

Pour Peter Hailey, expert des crises alimentaires et directeur d’un think tank à Nairobi, « les famines [d’aujourd’hui] ne sont pas causées par le climat ou la sécheresse. Elles sont à cent pour cent d’origine humaine. Les famines ne sont pas dues à l’absence de nourriture, mais aux difficultés d’accès pour les populations à celle-ci à cause de décisions ou d’inaction politiques. »

Partie émergée de l’iceberg

Materne Maetz, ancien responsable de la FAO, rappelle que la crise relayée dans les médias n’est que la partie visible de le faim. 800 millions de personnes sont en situation de sous-alimentation chronique dans le monde et 3 millions d’enfants en meurent chaque année.

Les principales causes de la faim sont la longue période d’abandon de l’agriculture dans les pays en développement jusqu’en 2008, une baisse de l’aide au développement agricole au profit de l’aide d’urgence, les changements climatiques, des règles du commerce mondial qui favorise les économies du Nord et une priorité accordée à l’augmentation de la production.

C’est la pauvreté qui tue

Or, comme le rappelle Sophie Langlois, correspondante Afrique de Radio Canada, c’est la pauvreté qui tue et non l’absence de nourriture.

« J’ai vu des femmes déterrer à mains nues des racines qu’elles allaient faire bouillir pendant des heures pour nourrir leurs enfants, qui développeront possiblement une diarrhée mortelle de cette soupe douteuse. Alors qu’en ville, à quelques kilomètres de là, les épiceries regorgeaient de nourriture.

Si les enfants meurent de faim, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de denrées dans leur région, c’est que les mamans n’ont pas un cent pour les acheter. » 

Aujourd’hui, le défi de la production est relevé, il faut accepter que d’autres défis se posent à nous, en particulier celui la question de la démocratie alimentaire, pour que l’accès à l’alimentation soit garanti partout et pour tous.

 

Sources : LeMonde.fr, Lafaimexpliquee.org, Radio Canada

 

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08/02/17
Lycéens lors du Festival ALIMENTERRE 2016

Des solutions pour nourrir la planète : « Malgré la conjoncture, les initiatives locales, innovantes, solidaires montrent qu'un mouvement citoyen est en marche ».

70 000 citoyens ont participé à la 10ème édition du Festival ALIMENTERRE dans plus 400 communes en France et dans 10 pays. Alors que le système alimentaire mondialisé qui domine au Nord et cherche à se développer au Sud montre ses limites, les citoyens ont exploré « les solutions pour nourrir la planète », thème de cette édition. « Un mouvement citoyen est en marche » ont ainsi démontré les milliers de citoyens bénévoles mobilisés dans l’organisation des évènements et la participation aux débats.

« On retrouve les mêmes problèmes chez nous ! »

Après le visionnage du film togolais Manger, c’est pas sorcier !, un lycéen de Rhône-Alpes s’est rendu compte que les enjeux agricoles et alimentaires sont partagés par tous les êtres humains de la planète et doivent être pensés avec une vision commune et globale. Parce qu’« On retrouve les mêmes problèmes chez nous ! »

Le film d’animation The Change a fait le lien entre les enjeux climatiques ici et dans le monde.  Alors qu’en Martinique l’impact du changement climatique est déjà visible, les élèves d’une classe de primaire de la ville de Le François ont réalisé la nécessité d’agir en citoyens: « il faut respecter l'environnement, en recyclant, en faisant moins de gaspillage d'eau, d’énergie, en mangeant local. »

« Je cultive la diversité »

À Lopérec (29), un lycéen s’est inquiété de voir « les semences entre les mains de quelques-uns », après la projection du documentaire La guerre des graines de Stenka Quillet et Clément Montfort, qui a été le film le plus projeté : « On ne savait pas tout ça !».

Il a rappelé que « le droit d'accès aux semences, c'est l'autonomie des agriculteurs ». En Poitou-Charentes, un agriculteur a abondé dans ce sens : « je cultive la diversité, je suis devenu autonome ».

Pour René L. de Quimper, « en faisant nos propres semences, on a retrouvé la fierté d'être agriculteur ». Les citoyens aussi, en tant que consommateurs, peuvent se mobiliser contre la brevetabilité du vivant, présenté lors du film « Pérou : nouvelle loi de la Jungle de François Reinhardt.

 « J’ai fait le lien entre ce qui se passe à l'échelle mondial et ce que je vis sur ma ferme ».

Guy M., agriculteur, a fait le lien entre ce qui se passe à l'échelle mondiale et sa ferme : « J'avais des rendements en céréales qui diminuaient. Depuis que je cultive des semences paysannes  de variétés anciennes qui venaient justement de mon secteur, mes rendements remontent ».

« À vous, consommateurs, d’aller au-devant des producteurs »

Pour Oumy Seck, intervenante sénégalaise, invitée par le Festival, il faut : « partir de l'existant et innover, inventer, chacun à son rythme. Ne sous-estimons pas nos actions. Une goutte, puis un verre, un seau, une bassine... cela finit par faire beaucoup d'eau ! »

Un paysan boulanger s’est exprimé face au public lors d’une projection dans le Jura : « A vous, consommateurs, d’aller au-devant des producteurs, pour leur demander comment ils travaillent. C’est la seule manière pour vous de savoir d’où viennent les graines que vous mangez et à quel modèle vous contribuez. »

« La volonté politique peut impulser la mise en place des alternatives locales. »

À Champagnole (39), un spectateur prend la parole après la projection du film 10 billion, what’s on your plate? : « le changement viendra des citoyens, même si la volonté politique peut impulser la mise en place des alternatives locales. » Parce que : « Malgré la conjoncture, les initiatives locales, innovantes, solidaires montrent qu'un mouvement citoyen est en marche ».

Le Festival ALIMENTERRE est coordonné au niveau national par le CFSI et est mis en œuvre par le réseau ALIMENTERRE sur les territoires. Le CFSI remercie les milliers de bénévoles issus de plus de 900 organisations mobilisées ainsi que ses partenaires nationaux : l’Agence Française du Développement, la Fondation Carasso, la Fondation Léa Nature, Biocoop, Alternatives Economiques, l’Enseignement agricole et le réseau 1% for the planet. Rendez-vous en octobre 2017 pour la onzième édition !