Brèves

09/01/17
Zone de Canavières (Albi) © F.Guibilato / Ville d'Albi

De plus en plus de citadins ont envie de consommer local. Certaines villes comme Rennes ou Albi ambitionnent même d’être autosuffisantes.  

En 2016, Albi (51 000 habitants) et Rennes (210 000 habitants) se sont lancées dans d’ambitieux programmes de transition citoyenne et écologique avec l’objectif affiché d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Dans les deux villes, les jardiniers du mouvement les Incroyables comestibles réinvestissent l’espace public pour y planter des fruits et des légumes. Le défi vise surtout à faire bouger les mentalités et à favoriser les circuits courts. « Quand un agriculteur serre la main de ses clients, il se pose plus facilement la question des produits qu’il met dans son champs » note Jean-Michel Bouat, l’adjoint au maire d’Albi en charge du dossier. Une friche verdoyante de 73 hectares fait partie du territoire de la ville et la Mairie préempte les terrains pour les louer ensuite à loyer modéré à des maraîchers avec l’obligation de cultiver en bio. L’avantage des fermes urbaines est aussi qu’elles sont génératrices d’emplois (car peu mécanisées) et de lien social. Mais, selon Jean-Michel Bouat, pour le passage à grande échelle « c’est au secteur privé d’y aller. Tout ce que l’on fait là sert à déclencher une prise de conscience ».

Des nombreux défis

Les solutions pour une production locale repose essentiellement sur les cultures maraîchères. Les céréales demandent beaucoup plus de surface. L’autosuffisance pourrait être pensée à une échelle plus large (département ?), d’autant que des décisions politiques contradictoires peuvent grignoter les espaces cultivables à proximité des villes. La question de l’espace disponible se pose aussi pour l’élevage. Selon Gilles Billen, directeur de recherche au CNRS, le relocalisation de l’approvisionnement va impliquer d’ici 2030 un retour de l’élevage en Ile-de-France avec une complémentarité culture/élevage retrouvée et la généralisation de l’agriculture biologique. Mais, la modification des régimes alimentaires est inévitable, le chercheur estime que la consommation de protéines animales doit baisser de moitié.  

Sources : Le Figaro, Consoglobe

09/01/17
Photo Coton Afrique

L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a publié une étude qui confirme que les intérêts privés influencent les résultats des recherches scientifiques.

Dans une étude publiée dans PLoS ONE* Thomas Guillemaud, Eric Lombaert et Denis Bourguet analysent les cas de conflits d’intérêts pour 672 articles de recherche portant sur une question précise liée aux OGM : l’efficacité et la durabilité de certains OGM qui produisent une protéine insecticide connu sous le nom de Bacillus thuringiensis (Bt), notamment des variétés de maïs et de coton* de Monsanto, Syngenta, Dow AgroSciences et DuPont Pioneer.

Les cas de conflits d’intérêts considérés sont des liens professionnels (les chercheurs sont employés par la compagnie privée) ou de financement direct de l’étude par l’industrie semencière concernée. Les liens possibles de nature non financière, intrinsèques ou intellectuels, ne sont pas pris en compte. Ils constatent ainsi qu’il n’y a pas moins de 40 % de cas de conflit d’intérêts.

En cas de conflit d’intérêts, les auteurs notent que « les conclusions ont 49 % de chances d’être plus favorables aux intérêts des industries semencières », ce qui correspond à peu de chose près aux résultats obtenus par d’autres études du même type portant sur la recherche sur le tabac, les produits biomédicaux, le nucléaire, le sucre et les produits pharmaceutiques.

Les trois auteurs ont aussi étudié les mécanismes à l’œuvre et constatent que, en cas de conflit d’intérêts, l’étude porte principalement sur l’efficacité des OGM et non sur leur durabilité.

 

Source : D’après une brève de Materne Maetz parue sur la faimexpliquee.org

 

* Guillemaud T, Lombaert E, Bourguet D (2016) Conflicts of Interest in GM Bt Crop Efficacy and Durability Studies, PLoS ONE 11(12): e0167777. doi:10.1371/journal.pone.0167777

** Sur le coton Bt, voir l’article Le coton OGM ne tient pas ses promesses et Burkina Faso : Un rapport de la Copagen très coton pour Monsanto

21/12/16
Agriculture Burkina Faso © Alfonso Castellanos

Afin de soutenir les paysans ouest-africains, les autres acteurs des filières et leurs organisations, la Fondation de France et le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) se sont associés en 2009 pour lancer un programme de renforcement de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest. En savoir plus sur les appels précédents

L’objectif est de promouvoir des initiatives locales de renforcement de l’accès à l’alimentation par une agriculture familiale ouest-africaine viable et durable, d’en partager les acquis à des échelles plus vastes et de contribuer à la documentation de la soutenabilité de ce modèle agricole.

L'appel à projets 2017 a été lancé le mercredi 21 décembre 2016.

VOIR L'APPEL 2017

La date limite de dépôt des dossiers est le mardi 7 mars 2017.

 

 

Ce programme bénéficie d’une contribution de la Fondation JM.Bruneau (sous égide de la Fondation de France) et de l’AFD. Seed Foundation participe au volet capitalisation du programme. Le Réseau des organisations paysannes et de producteurs d’Afrique de l’Ouest (Roppa) est membre du comité d’orientation et de suivi.

 

10/11/16
Projection à Sciences Po Paris © PAVéS

Le Festival ALIMENTERRE a lieu partout en France et dans 9 autres pays depuis le 15 octobre et jusqu’à la fin du mois de novembre. Semences, lutte des travailleurs agricoles, agroécologie et consommer local sont quelques-uns des thèmes au menu de plus de 1 000 évènements programmés pour cette 10ème édition du Festival.

De nouveaux organisateurs de Paris à Kinshasa en passant par l’Afrique de l’Ouest

Cette année l’association PAVéS a organisé des projections-débats à Sciences Po Paris, dont une soirée sur la biopiraterie avec le film Pérou : la nouvelle loi de la jungle et les interventions de deux experts de la Fondation France-Libertés, et une projection de Manger, c’est pas sorcier ! qui a réuni des entrepreneurs venus d’horizons divers.

Le Maire du 18ème arrondissement de Paris a ouvert une soirée de projection de 10 billions, what’s on your plate ! à la Halle Pajol. Plus de 150 personnes se sont pressées pour rencontrer, après la projection, 3 associations qui proposent des alternatives et Corinne Peluchon venue présenter son livre : Les Nourritures, Philosophie du corps politique.

Au Burkina Faso et Côte d’Ivoire, pas moins de 6 nouveaux acteurs rejoignent ALIMENTERRE cette année ! Les associations Autre Terre , Cirdes, Kouady, Terre à vie, Watinoma ainsi que le Ministère ivoirien de l’environnement et du développement durable.

En République démocratique du Congo, la foule était au rendez-vous pour la première édition du Festival ALIMENTERRE organisée par SOS Faim. Les séances se sont tenues dans 4 lieux de Kinshasa fréquentés par les jeunes (universités, centres culturels et artistiques).

Tournée de 3 experts internationaux

Du 14 au 27 novembre, 3 experts internationaux vont à la rencontre du public pour parler des alternatives qu’ils mettent en œuvre dans leur pays : Kien Dang (Viet Nam), Oumy Seck (Sénégal) et Aubin Waibena (Togo).

Membre de l’équipe de production du film Manger, c’est pas sorcier ! (sélection du Festival), Aubin Waibena intervient sur le thèmes de l’accaparement des terres, l’éducation à la nutrition, l’agroécologie, le droit à l’alimentation ou encore le consommer local. Il présente les innovations portées par son organisation (Oadel) comme la boutique-bar-restaurant de produits locaux à Lomé*.

 

Retrouvez tous les évènements dans l'agenda du Festival

En savoir plus sur la tournée des experts internationaux

 

*projet soutenu par le programme CFSI –Fondation de France de Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao) : voir la fiche innovation et l'interview de Tata Ametoenyenou de l'Oadel

07/11/16
Manifestation anti-Tafta anti-Ceta © Olivier Tétard

CETA, TAFTA, APE, autant d’accords de libre échange qui arrivent à mobiliser de plus en plus d’opposition contre eux. Doit-on s’étonner de cette tendance ?

Un processus de libéralisation déjà bien avancé

Le libre-échangisme a dominé les politiques commerciales pendant des décennies avec les accords du GATT, de l’OMC, puis toute une série d’accords bilatéraux et régionaux du fait du blocage de l’OMC. Il se fonde essentiellement sur la théorie des avantages comparatifs développée au début du XIXe siècle par l’économiste britannique Ricardo qui stipule que le libre-échange offre des avantages du fait de la spécialisation des économies. Il s’agit d’un principe purement économique dans un objectif de croissance correspondant à une économie de pénurie et de misère telle que celle de la Grande-Bretagne de l’époque.

Un modèle intenable

Mais, au XXIe siècle, la perspective a changé radicalement : depuis le Sommet de la terre organisé de 1992 à Rio et l’avènement du concept de Développement Durable, nos sociétés ont pris conscience que la croissance économique per se n’est plus tenable et qu’il faut appréhender le développement sous tous ses aspects (social, environnemental, politique, culturel). La conséquence est qu’il est tout à fait insuffisant d’évaluer les politiques à leur seul impact sur la croissance.

Quand on échange des produits, on échange également des normes techniques, sociales, environnementales et culturelles comme l’exprime le schéma ci-contre. Ainsi, par exemple, dans le cas du CETA, il est probable que l’augmentation des importations par l’UE de viande bovine en provenance du Canada se traduira par le développement d’une production de viande bovine plus industrialisée (pour concurrencer la viande canadienne) ce qui modifiera la qualité de la viande disponible sur le marché européen.

Brader son mode de vie ?

S’engager dans un accord commercial en ne regardant que l’aspect économique financier revient à brader ces autres dimensions de l’échange et, en fait, tout un mode de vie, contre des avantages sonnant et trébuchant dont la majorité de la population ne voit jamais la couleur.

Les citoyens sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales (émission de gaz à effet de serre dont presque tout le monde a compris l’importance), de santé (résidus chimiques dans l’alimentation, OGM, etc.), de protection sociale, de politique (la question des tribunaux d’arbitrage privés) et même de philosophie (principe de précaution inscrit dans la Constitution française ou principe scientifique classique adopté outre-Atlantique où l’on s’en tient à ce qui est démontré scientifiquement).

Consulter les populations

On voit donc mal comment engager d’autres accords commerciaux en occultant tous ces aspects, sans augmenter la transparence des négociations et sans mesurer réellement l’impact qu’ils pourraient avoir sur chacune des dimensions qu’ils affectent. Sinon, on risque de voir, dans l’espoir d’un gain économique minime, une augmentation de la résistance à ces accords qui pourrait être récupérée par des partis extrémistes.

 

Source : D’après un article de Materne Maetz publié sur Lafaimexpliquee.org

 

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