Brèves

08/02/18
Angela Merkel et Emmanuel Macron © Elysée

Lancée à une époque de pénurie, la Politique agricole commune (Pac) a longtemps visé l’augmentation de la production. Le contexte est très différent aujourd’hui et, alors que 50 milliards d’euros lui sont alloués chaque année, elle ne s’est pas adaptée aux nouveaux défis. Pourquoi ? La manne financière qu’elle représente a certes créé de puissants lobbies mais le cloisonnement de l’approche agricole sans liens avec les autres politiques représente un autre verrou majeur.

Les défis du XXIème siècle

Un tiers des paysans vit dans la pauvreté[1], la faim progresse, la sécurité sanitaire n’est pas garantie (voir le cas de contamination du lait de Lactalis, le récent rapport de l’Inspection des affaires sociales sur les perturbateurs endocriniens[2], etc ), le niveau d’activité biologique des sols se dégrade (la baisse des rendements des céréales est déjà mesurable). Notre modèle agricole contribue au changement climatique (20 % des émissions de GES de la France viennent de l’agriculture). Et de nouvelles préoccupations sont apparues : bien-être animal, gestion des paysages ou désertification des zones rurales (26% des fermes ont disparu en l’espace de 10 ans en France[3]).

La Pac inefficace

La Pac renforce les inégalités entre agriculteurs. Selon l’économiste Alan Matthews, sur les 7,2 millions de bénéficiaires du premier pilier de la PAC, la plupart ne reçoivent que très peu de paiements, alors que 131 000 producteurs touchent plus de 50 000 euros[4]

Par rapport aux défis de durabilité, les récentes mesures de « verdissement » de la Pac sont très critiquées. Un récent rapport de la Cour des comptes européenne conclut que « le paiement vert reste, fondamentalement, une mesure d'aide au revenu », qu’il « n'a suscité des changements dans les pratiques agricoles que sur quelque 5 % de l'ensemble des terres agricoles ». 

Décloisonner les approches

Beaucoup estiment que les priorités devraient être pensées à partir des besoins alimentaires. Pour les chercheurs du projet Transmango par exemple, la Pac se caractérise par un « désintérêt envers l’environnement, le climat, ou encore la question d’une alimentation saine ». Ces questions devraient être résolues de façon transversale (politiques agricole, de sécurité des aliments, de santé publique, de commerce, de protection de l’environnement, d'emploi) et bénéficiées des ressources de la Pac. Pour Emile Frison du think tank Ipes Food, le fonctionnement en silo des politiques, chercheurs et autres fonctionnaires est un obstacle majeur à la transition vers une agriculture adaptée aux défis du XXIème siècle.

Ne pas nuire à la sécurité alimentaire au Sud

Les impacts négatifs de la Pac sur les pays pauvres devraient aussi être pris en compte. De nombreux exemples montrent comment les produits importés subventionnés par la Pac sont une contrainte au développement de l’agriculture locale et à la sécurité alimentaire. Là aussi un décloisonnement est nécessaire entre politique agricole, commerciale et de développement.

 

Sources : D'après une brève de Materne Maetz publiée sur www.lafaimexpliquee.org/, Ipes Food, CFSI

 

Creuser le sujet :

Etude, Policy recommandations, 2017

Note, Pac et accords de libre-échange : quelle cohérence avec le développement au Sud ?, 2017

Film, La négociation, 2014

Sensibiliser, Tout comprendre de la Pac, 2013

Site d’Ipes Food

Rapport, Pour une politique agricole, alimentaire, environnementale et rurale européenne, 2010

 


[1] Un tiers des agriculteurs vivait avec moins de 350 euros par mois en 2016 selon la Mutualité sociale agricole

[2] Voir le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales que Le Monde a pu consulter début 2018

[3] Entre 2 000 et 2 010, selon des données du ministère de l’Agriculture

 

30/11/17
Oscar, Binta et Thais sur le plateau de RFI

Après avoir parcouru les routes françaises à la rencontre des festivaliers ces deux dernières semaines, Binta, Gloria, Thais et Oscar, invités internationaux du Festival étaient réunis ce mercredi 29 novembre à Paris. Retour sur leur tournée!

"La richesse du Festival repose sur la diversité de ses évènements"

Les invités ont été surpris par la variété des activités proposées, par la diversité des films de la sélection du festival et par les échanges passionnés avec le public lors des projections qui ont eu lieu dans les lycées, des écoles, des associations, des salles de cinéma ou encore des fermes dans plus de 600 communes de France et 12 pays.

Thaïs, venue du Brésil témoigne: "Chaque évènement auquel j'ai participé était unique. Dans chacune des communes où je me suis rendue, j'ai été marquée par la diversité des débats, car ils étaient à chaque fois préparés par des organisations différentes, dans des lieux différents, avec des invités différents, dans un contexte différent, ce qui fait la richesse du Festival".

"Un public enthousiaste de contribuer à changer le système alimentaire "

Plus que jamais, les invités ont eu le sentiment d’avoir été utiles et d’être intervenus auprès d'un public, adultes et jeunes, qui prend conscience de la nécessité de changer le système alimentaire actuel. Oscar Ngome venu du Cameroun témoigne que « les étudiants étaient vraiment enthousiastes, comme dans le cas du lycée agricole de Carpentras, qui étaient même en charge de l'organisation du Festival ».

L'hondurienne Gloria Garcia a beaucoup débattu ces quinze derniers jours:  « Ce qui m’a impressionnée, c’est de voir que les jeunes Français sont soucieux d'un avenir meilleur ».   Pour la première fois en France, Binta Ndeye, sénégalaise, a été touchée par « l’excellent accueil qu’elle a reçu à chaque étape de son voyage". Les invités étaient en effet hébergés chez leurs hôtes qui n'ont pas manqué de leur faire découvrir leur région.

Photo: Le télégramme - Binta Ndione entourée des lycéens de Lamballe.

"La consommation, un acte politique"

Thais Mascarenhas, qui anime des groupes de consommation responsable, a réaffirmé durant sa tournée le rôle que peut avoir chaque citoyen à travers sa consommation et ainsi défendre l’agriculture familiale dans le monde. Oscar va dans son sens "Avec son porte monnaie, le consommateur peut décider de l'agriculteur de demain".

Gloria Garcia qui a beaucoup parlé des effets des pesticides dans les bananeraies en Amérique latine, affirme la nécessité d’avoir une vraie traçabilité des produits, qu’ils soient d’origine conventionnelle ou d’origine biologique et équitable. Selon elle, une lutte internationale contre l’utilisation des pesticides et la protection des travailleurs est aujourd’hui fondamentale. Binta était ravie d'avoir pu affirmer haut et fort lors de son interview à RFI, écouté dans de nombreux pays africains que oui, " l'agroécologie peut nourrir le monde".

Oscar, Binta et Thais sur le plateau de RFI

Photo : CFSI - Les invités dans le studio RFI

Une tournée riche en échanges d'expériences. 

S’ils ont avant tout témoigné, expliqué et débattu sur la situation de l’agriculture dans leur pays et des solutions pour faire changer les choses, Thais, Gloria, Oscar et Binta reviennent  tous avec des idées plein la tête. Binta a visité de nombreuses exploitations agricoles et rencontré des gérants de magasins Biocoop pour parler commercialisation en circuit court.  De plus, elle a reçu de la part des ses hôtes plusieurs types de semences qu’elle partagera avec les groupements de femmes sénégalaises pour les tester une fois chez elle.

Dans les pays de la Loire, elle était ravie de rencontrer de nombreux élus municipaux, qui comme elle, travaillent pour faire changer les choses au niveau local dans leur municipalité. Alors que Gloria a pris conscience de l’importance d'associer les lycées dans la stratégie de son syndicat pour lutter contre l'usage des pesticides, Thais retourne au Brésil avec un projet spécifique : "Je voudrais créer un Festival ALIMENTERRE au Brésil pour sensibiliser les Brésiliens".

En plus des milliers d'intervenants aux débats, les 4 invités internationaux étaient en tournée dans toute la France du 13 au 29 décembre pour un regard  croisé sur l'alimentation dans le monde. Le réseau ALIMENTERRE, animé par le CFSI, les remercie pour leur venue et leur souhaite un bon retour dans leur pays.

18/10/17
Visuels des 8 films de la sélection ALIMENTERRE 2018

Le CFSI propose gratuitement à tous les intéressés des outils pédagogiques. 

Visuels des 8 films de la sélection ALIMENTERRE 2018

Un centre de ressources collaboratif sur les enjeux agricoles et alimentaires mondiaux est disponible : alimenterre.org. On y retrouve des fiches thématiques qui déclinent ces enjeux : accaparements des terres, agriculture familiale, agroécologie, semences et biopiraterie, commerce international, circuits courts et autres alternatives, agrobusiness et risques pour la santé, impacts de nos choix de consommation

Des fiches pédagogiques pour chaque film de la séléction 2017 ont également été conçues pour faciliter la compréhension des enjeux et proposer des animations autour du Festival. 

Vous les trouverez sur les liens suivants :

- Bientôt dans vos assiettes (de gré ou de force)

- Bugs

- Land Grabbing

- Cousin comme cochon

- Hold-up sur la banane

- Vivre dignement de sa terre

- Nourrir une métropole

- Consommer autrement, quelles solutions? 

Exemple de fiche thématique ALIMENTERRE  Exemple de fiche pédagogique ALIMENTERRE

 

Sortie en kiosque en septembre 2017, le dossier d'Alternatives économiques "Manger Autrement, vers une alimentation durable" a été produit en partenariat avec la Fondation Daniel et Nina Carasso, l'Agence Française de Développement et le CFSI.  Au delà des exemplaires qui ont été diffusés dans le réseau ALIMENTERRE, il peut être commandé en ligne.

Les dossiers Alternatives éco

Certains articles sont en accès libre sur le centre de ressources :

- Produire mieux pour tous

- Alimentation durable : faire évoluer les politiques

- Alimentation durable : soutenir les producteurs au Sud

- Manger bio

- Les insectes, nourritures de demain ?

 

 

 

02/06/17
Affiche du festival alimenterre 2017

Affiche du festival alimenterre 2017

Nouveau : découvrir la bande-annonce  2017 !

Evénement incontournable sur les enjeux de l’alimentation et de l’agriculture dans le monde, le Festival ALIMENTERRE sera organisé du 15 octobre au 30 novembre 2017 par des centaines de bénévoles partout en France et dans 12 pays. Vous souhaitez vous mobiliser pour défendre l’agriculture locale sur votre territoire ? Organisez une projection-débat ALIMENTERRE !

La sélection 2017 est composée de 6 moyens et longs métrages ainsi que de 2 courts-métrages.

Dans la catégorie long et moyen-métrage :

Dans la catégorie court-métrage :

En changeant notre regard sur le monde, la sélection 2017 ouvre de nouvelles pistes pour remédier aux incohérences du système alimentaire mondial.

Quel modèle de production pour une alimentation saine et durable pour tous ? Comment permettre aux paysans et aux travailleurs agricoles de vivre dignement ? Comment leur garantir l’accès aux moyens nécessaires pour produire ? Comment faire changer d’échelle les alternatives durables ? Quelle nourriture pour demain et sous quelle forme ?

Grâce aux débats qui accompagnent chaque projection, le festival permet aux différents acteurs : citoyens, élus, agriculteurs, entrepreneurs, militants associatifs, de s’interroger ensemble et de trouver des solutions. Pour combattre la faim, qui affecte 795 millions de personnes dans le monde, les solutions émergeront-elles de ces initiatives ?

Plus d'informations : contactez votre Pôle régional
 

A l’initiative de l’évènement, le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI) est une association reconnue d’utilité publique qui rassemble 23 organisations membres (associations, syndicats, collectivités territoriales). Depuis sa création en 1960, il sensibilise et mobilise l’opinion publique pour la défense du droit à l’alimentation et la lutte contre les inégalités. En tant que plateforme pluri-acteurs, il fédère les organisations autour de valeurs communes, finance les actions de coopération, propose des espaces d’échanges et de réflexion. Parmi ses différents programmes, le CFSI coordonne le festival ALIMENTERRE depuis 2007.

24/04/17
petition peasants rights droits des paysans

Assassinats, expulsion de paysans de leurs terres, intoxication de travailleurs agricoles par des pesticides… Les violations des droits humains fondamentaux des paysans et des autres travailleurs ruraux sont nombreuses.

C’est pourquoi, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a décidé d’élaborer une Déclaration pour défendre leurs droits. Mais la France et de nombreux États européens manifestent de telles réserves à se saisir du dossier que cela revient à s’opposer au projet lui-même.

La Confédération paysanne, le CFSI, FIAN, SOL et la Fédération Artisans du Monde font partie des organisations françaises qui ont décidé de relayer en France la pétition européenne pour demander aux pays européens de soutenir la Déclaration. 

Une réunion majeure du groupe de travail chargé d’élaborer la Déclaration aura lieu au Conseil des droits de l’homme du 15 au 19 mai 2017. Il est important qu’avant cette date un maximum de citoyens se mobilise pour demander au ministre français des Affaires étrangères de soutenir la Déclaration et de contribuer de manière constructive à son contenu.

Signez la pétition https://peasantsrights.eu/