Brèves

le 22/02/12

Après avoir bouleversé les équilibres sur  le marché du soja avec des importations qui représentent 60% des échanges mondiaux, la Chine fait irruption sur le marché du maïs. Pékin vient de signer avec Buenos Aires un accord pour l'exportation de maïs argentin. Les chinois sont de plus en plus friands de viande,  or "il faut sept protéines végétales pour produire une protéine [de porc], la multiplication des troupeaux entraîne mécaniquement une envolée de la consommation de maïs ", explique Joséphine Hicter, analyste matières premières chez Oaks Fields Partners.

Avec plus de 1,3 milliard d'habitants et une consommation alimentaire qui évolue, la Chine se heurte au plafonnement de sa production agricole. La pollution des sols, l’érosion, les problèmes de gestion de l’eau contribuent à la raréfaction des terres agricoles disponibles et le pays se voit contraint à chercher des terres arables ailleurs (Mali, Sénégal, Nouvelle-Zélande, Indonésie…)  Le modèle d’autosuffisance ne tient plus. Certains analystes estiment qu'après le maïs, c'est l'approvisionnement en blé qui pourrait devenir problématique. De par sa puissance démographique et son poids économique, la Chine est un acteur majeur dont les ajustements de politique ont de lourdes conséquences sur la scène internationale.

Source : Agence France Presse

le 16/02/12

Ce mercredi, le Parlement européen a validé un compromis franco-allemand visant à prolonger jusqu'à fin 2013 le programme européen d'aide aux démunis (PEAD), tout en demandant que ce programme soit maintenu au-delà.

Les eurodéputés ont voté le maintien pour encore deux ans du PEAD et ont profité de l’occasion pour réclamer une solution pour les années suivantes. En effet, doté de près de 500 millions d'euros annuels, le PEAD permet de distribuer des repas à près de 18 millions de personnes dans le besoin, par le biais des associations caritatives, banques alimentaires et autres soupes populaires.

La fin du PEAD après 2013 « serait le triste symbole de la fin de l'Europe solidaire ! », a jugé Rachida Dati. Après 2013, « la pauvreté existera toujours, et nous ne pouvons tout simplement pas dire “Voilà, c'est fini” », a résumé le député allemand Martin Häusling du Groupe des Verts. 

Fort de ce constat, la Commission européenne s’est dite favorable à une éventuelle prolongation du programme au-delà de 2013, « dans le cadre de la politique sociale ».

Retrouvez l'interview de Jean-Louis Callens, membre du secrétariat national du Secours Populaire en charge des questions d’alimentation.

le 15/02/12

Vous l'attendiez, le CFSI l'a fait, voici le bilan définitif de l'édition 2011 du Festival de films documentaires ALIMENTERRE !

Les trophées, le palmarès, les perles prononcées lors des débats, vous saurez tout !

A télécharger ici !

Séance du Festival 2011 au Togo

le 10/02/12

De l’Ile de France au Limousin en passant par l’Aquitaine ou encore … la Pologne, découvrez en images le séjour d'Ibrahim Sarr, directeur du Réseau des Horticulteurs de Kayes, invité à la 5e édition du Festival des films documentaires ALIMENTERRE.

Le montage vidéo en ligne sur le site du Festival

le 01/02/12

Depuis 2009, la Fondation de France et le CFSI se sont associés pour lancer un programme de renforcement de l’agriculture familiale en Afrique subsaharienne, recentré depuis 2010 sur l’Afrique de l’Ouest. Ce programme vise à aider les agriculteurs ouest-africains et leurs organisations à relever un triple défi  : réduire la sous-alimentation, assurer aux paysans un revenu digne, et répondre aux exigences de gestion durable des ressources naturelles.

L'appel à projets 2012 est lancé depuis le 23 janvier 2012.
La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 29 mars 2012.

En savoir plus et télécharger les documents de l'appel à projets 2012

le 27/01/12

L'édition 2012 du Forum Economique Mondial se tient à Davos du 25 au 29 janvier et alors que la plupart des discussions tournent autour des crises économiques, la ministre des Finances du Nigeria Ngozi Okonjo-Iweala et d'autres dirigeants ont remis au centre des défis mondiaux le problème de la faim. Ils ont convenu jeudi que la résolution du problème n'est pas seulement de produire plus de nourriture.

"Le monde peut se nourrir. L'Afrique peut se nourrir. Le problème est que nous avons des populations vulnérables qui n'ont pas accès à la nourriture", a déclaré Madame Okonjo-Iweala.

Le PDG d'Unilever, Paul Polman, a déclaré que "le soutien aux petits agriculteurs est la meilleure façon de nourrir les pauvres du monde".

" Nous pouvons nourrir toute la population ", a déclaré José Graziano Da Silva, le nouveau directeur de la FAO, "le problème n'est pas du côté de l'offre, le problème est l'accès - ceux qui souffrent de la faim n'ont pas l'argent pour acheter la nourriture, ou l'eau et les terres dont ils ont besoin si ce sont des agriculteurs."

Bill Gates, le fondateur de Microsoft dont la fondation est très investie en Afrique, partage le constat et appelle les gouvernements à augmenter leurs investissements dans l'agriculture.

Mais qui est derrière sa "nouvelle vision de l'agriculture" qu'il est venu promouvoir à Davos ? La quintessence de l’agrobusiness mondialisé : Monsanto, Syngenta, Nestlé, Unilever, Wal-Mart, Archer Daniels Midland, BASF, Bayer, Cargill, Coca-Cola, Kraft Foods, et même Swiss Reinsurance Company, personne ne manque à l’appel.

C’est dire si nous pouvons dormir tranquilles : l’agriculture et l’alimentation mondiale sont entre de bonnes mains…

Sources : CBS News et Swiss Aid

Voir l'article Le mariage Gates et Monsanto : attention, danger pour la planète

le 25/01/12

Le CFSI soutient la réalisation du nouveau film (et livre) de Marie-Monique ROBIN  "Comment on nourrit les gens?" (sur ARTE, fin 2012). Ce documentaire tentera de montrer qu'il existe des alternatives viables d'un point de vue agronomique et économique au modèle agro-chimique, basées sur l'agro-écologie et l'agriculture familiale, qui permettront de nourrir le monde (ce que n'est pas parvenue à faire l'agriculture chimique).

Marie-Monique ROBIN a lancé un appel à souscription (préachat d'un DVD à tirage limité à 2 500 exemplaires) sur son site pour soutenir ce projet. L'appel à souscription est relayé par le réseau ALIMENTERRE.

Télécharger l'appel à souscription

Le film sera terminé en octobre 2012 et devrait faire partie de la sélection de films de l'édition du Festival ALIMENTERRE 2012.

Appel à souscription pour le nouveau film de Marie-Monique ROBIN

Plus d'information sur : http://www.m2rfilms.com/ (rubrique "la nouvelle enquête")

le 23/01/12

« Près de 50 % d'aliments sains sont gaspillés chaque année dans l'UE, par les ménages, les supermarchés, les restaurants et la chaîne alimentaire, alors que 79 millions de citoyens vivent au-dessous du seuil de pauvreté et que 16 millions dépendent de l'aide alimentaire d'œuvres de charité », observe le Parlement européen.

Une  étude de la Commission européenne montre que le gaspillage alimentaire dans l'Union Européenne atteint 89 millions de tonnes par an (soit 179 kg par habitant). Ce chiffre pourrait atteindre 126 millions de tonnes (soit une hausse de 40 %) en 2020, si les habitudes de consommation et de gestion des aliments ne s’améliorent pas.

Face à ce constat, le jeudi 19 janvier 2012, le Parlement européen a  décidé d’adopter une résolution en vue de réduire de moitié les gaspillages alimentaires d'ici à 2025 et d'améliorer l'accès aux aliments pour les personnes démunies. Les eurodéputés appellent à l’effort collectif. Pour eux cette proposition doit aboutir à « une ligne de conduite permettant aux 27 États membres de s'attaquer au problème de manière systématique ».

Parmi les recommandations proposées, les parlementaires européens mettent entre autres l’accent sur :

  • l’éducation : il faut  mieux éduquer les consommateurs pour qu’ils gaspillent moins (cours d'éducation alimentaire, en particulier dans les écoles, ou encore conseils pratiques sur la conservation la préparation et l’élimination des denrées alimentaires,…)
  • l’information : améliorer les systèmes d’étiquetage et d’emballage
  • l’aide aux populations démunies : favoriser la distribution de denrées alimentaires aux personnes les plus défavorisées (vente au rabais de produits proches de la date de péremption, ou encore élaboration de programmes de soutien européens).

Gaspillage alimentaire, photo de poubelles

le 19/01/12

Raretés. Malgré une amorce de baisse au second semestre, l’indice du prix des produits alimentaires de la FAO a avoisiné les 228 points en 2011 - la plus haute valeur depuis que l’organisation a commencé à mesurer ces prix en 1990. L’Indice FAO des prix céréaliers s’établissait en moyenne à 247 points, en hausse de quelque 35% par rapport à celui de 2010, et le plus élevé depuis les années 1970. En moyenne, la viande a augmenté de 16% et les produits laitiers 10% par rapport à 2010.

Ci-dessous l'évolution des prix alimentaire de 1997 à aujourd'hui :

Graphique ndice des prix FAO

le 18/01/12

Le 2 février prochain sort l'ouvrage "Famine au Sud, Malbouffe au Nord : comment le bio peut nous sauver" de Marc Dufumier, ingénieur agronome, est professeur émérite en agriculture
comparée et développement agricole à l’AgroParistech.

En 2050, les neuf milliards d’humains pourront se nourrir…grâce à l’agriculture biologique

Celui qui l’affirme n’est pas un doux rêveur : c’est l’un des spécialistes mondiaux des questions agricoles. Depuis quarante ans, l’agronome Marc Dufumier observe et écoute les paysans du Nord et du Sud, et il est parvenu à cette certitude : ils sont, avec les consommateurs, les premières victimes d’un système devenu fou – notre agriculture exagérément spécialisée, mécanisée et « chimisée ».

Au Sud, un milliard d’individus meurent encore aujourd’hui de faim et la malnutrition provoque des flux migratoires toujours plus massifs.

Au Nord, la pollution des eaux ou l’érosion des sols menacent chaque jour un peu plus nos écosystèmes, et l’on retrouve dans presque tous nos aliments des doses de pesticides ou de résidus médicamenteux. Il est donc temps de changer de cap… à condition de savoir où aller.

Pour la première fois, ce livre dresse un panorama complet, c’est-à-dire mondial, des désordres agricoles. Surtout, au-delà du constat, il montre qu’une alternative crédible est à l’oeuvre : l’agro-écologie. Qualité des aliments, fixation des populations paysannes, respect de l’environnement et – contrairement aux idées reçues – garantie, voire amélioration, des rendements : le bio n’est pas un caprice de bobo ! C’est plus que jamais la voie de l’avenir.

couverture livre Dufumier