Les sols en danger
12 avril

Les sols, et tout l’écosystème terrestre, sont en grand danger. Une étude portée par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) dresse un état des lieux alarmant. Que nous révèle-t-il? Les conséquences risquent d’être sévères pour l’humanité, mais sont révocables avec une volonté ferme de changer la donne.

Une dégradation incontrôlée
Les sols sont dans un état critique du fait du mode de vie humain. « Nous avons transformé une grande partie de nos forêts, de nos prairies, nous avons perdu 87 % de nos zones humides (...) Nous avons vraiment changé la surface terrestre », déplore Robert Watson, président de l'IPBES.

La vie sur terre menacée
Les experts réunis au sein de cette plateforme attirent l’attention sur les risques de la disparition des espèces, dont l’espèce humaine. Le nombre des terres cultivables chute et cela réduit les moyens de subsistance. Cette détérioration, causée par des pratiques agricoles non durables, la pollution et l'expansion urbaine, nuit déjà à 3,2 milliards d'êtres humains, soit 40 % de la population mondiale. 500 000 kilomètres carrés de terres africaines ont déjà été dégradés par la surexploitation des ressources naturelles, l’érosion, la salinisation, la déforestation et la pollution. Selon la FAO, 95 % de notre nourriture provient directement ou indirectement de la terre. Notre sécurité alimentaire actuelle et future repose sur notre capacité à augmenter les rendements et la qualité de la nourriture en utilisant les sols déjà en production.

Une possible inversion de la situation
Le rapport propose des solutions. On peut citer l'utilisation de cultures tolérantes au sel, l'agroforesterie, les pratiques agroécologiques, l'agriculture de conservation et les systèmes intégrés de culture et d'élevage. Il est aussi fondamental, en dépit de tout, d’éduquer et de sensibiliser sur les bonnes pratiques environnementales afin de rapidement mettre un frein à la dégradation.
En tout état de cause, "la dégradation des terres, la perte de biodiversité et le changement climatique sont trois visages différents du même défi (…). Nous ne pouvons pas nous permettre de nous attaquer isolément à l'une de ces trois menaces - elles méritent chacune la priorité politique la plus élevée et doivent être traitées ensemble", estime Robert Watson.

Sources : Sciences et avenir, Notre planète, la Croix, Libération, Cnrs Le journal

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Voir Rapport IPBES (2018): Summary for policymakers of the thematic assessment report on land degradation and restoration of the Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services. R. Scholes, L. Montanarella, A. Brainich, N. Barger, B. ten Brink, M. Cantele, B. Erasmus, J. Fisher, T. Gardner, T. G. Holland, F. Kohler, J. S. Kotiaho, G. Von Maltitz, G. Nangendo, R. Pandit, J. Parrotta, M. D. Potts, S. Prince, M. Sankaran and L. Willemen (eds.). IPBES secretariat, Bonn, Germany. 32 pages”