OGM : une recherche scientifique sous influence
9 janvier

L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a publié une étude qui confirme que les intérêts privés influencent les résultats des recherches scientifiques.

Dans une étude publiée dans PLoS ONE* Thomas Guillemaud, Eric Lombaert et Denis Bourguet analysent les cas de conflits d’intérêts pour 672 articles de recherche portant sur une question précise liée aux OGM : l’efficacité et la durabilité de certains OGM qui produisent une protéine insecticide connu sous le nom de Bacillus thuringiensis (Bt), notamment des variétés de maïs et de coton* de Monsanto, Syngenta, Dow AgroSciences et DuPont Pioneer.

Les cas de conflits d’intérêts considérés sont des liens professionnels (les chercheurs sont employés par la compagnie privée) ou de financement direct de l’étude par l’industrie semencière concernée. Les liens possibles de nature non financière, intrinsèques ou intellectuels, ne sont pas pris en compte. Ils constatent ainsi qu’il y a au moins 40 % de cas de conflit d’intérêts.

En cas de conflit d’intérêts, les auteurs notent que « les conclusions ont 49 % de chances d’être plus favorables aux intérêts des industries semencières », ce qui correspond à peu de chose près aux résultats obtenus par d’autres études du même type portant sur la recherche sur le tabac, les produits biomédicaux, le nucléaire, le sucre et les produits pharmaceutiques.

Les trois auteurs ont aussi étudié les mécanismes à l’œuvre et constatent que, en cas de conflit d’intérêts, l’étude porte principalement sur l’efficacité des OGM et non sur leur durabilité.

 

Source : D’après une brève de Materne Maetz parue sur la faimexpliquee.org

 

* Guillemaud T, Lombaert E, Bourguet D (2016) Conflicts of Interest in GM Bt Crop Efficacy and Durability Studies, PLoS ONE 11(12): e0167777. doi:10.1371/journal.pone.0167777

** Sur le coton Bt, voir l’article Le coton OGM ne tient pas ses promesses et Burkina Faso : Un rapport de la Copagen très coton pour Monsanto