Bientôt des villes autosuffisantes ?
9 janvier

De plus en plus de citadins ont envie de consommer local. Certaines villes comme Rennes ou Albi ambitionnent même d’être autosuffisantes.  

En 2016, Albi (51 000 habitants) et Rennes (210 000 habitants) se sont lancées dans d’ambitieux programmes de transition citoyenne et écologique avec l’objectif affiché d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Dans les deux villes, les jardiniers du mouvement les Incroyables comestibles réinvestissent l’espace public pour y planter des fruits et des légumes. Le défi vise surtout à faire bouger les mentalités et à favoriser les circuits courts. « Quand un agriculteur serre la main de ses clients, il se pose plus facilement la question des produits qu’il met dans son champs » note Jean-Michel Bouat, l’adjoint au maire d’Albi en charge du dossier. Une friche verdoyante de 73 hectares fait partie du territoire de la ville et la Mairie préempte les terrains pour les louer ensuite à loyer modéré à des maraîchers avec l’obligation de cultiver en bio. L’avantage des fermes urbaines est aussi qu’elles sont génératrices d’emplois (car peu mécanisées) et de lien social. Mais, selon Jean-Michel Bouat, pour le passage à grande échelle « c’est au secteur privé d’y aller. Tout ce que l’on fait là sert à déclencher une prise de conscience ».

Des nombreux défis

Les solutions pour une production locale reposent essentiellement sur les cultures maraîchères. Les céréales demandent beaucoup plus de surface. L’autosuffisance pourrait être pensée à une échelle plus large (département ?), d’autant que des décisions politiques contradictoires peuvent grignoter les espaces cultivables à proximité des villes. La question de l’espace disponible se pose aussi pour l’élevage. Selon Gilles Billen, directeur de recherche au CNRS, la relocalisation de l’approvisionnement va impliquer d’ici 2030 un retour de l’élevage en Ile-de-France avec une complémentarité culture/élevage retrouvée et la généralisation de l’agriculture biologique. Mais, la modification des régimes alimentaires est inévitable, le chercheur estime que la consommation de protéines animales doit baisser de moitié.  

Sources : Le Figaro, Consoglobe